"Le Pikas" est le nom sous lequel est connu Azeddine El Ouzzani Touhami, un voisin de Ceuta d'origine marocaine qui a développé une carrière musicale dans le rap sous le nom d'artiste "Le Pikas de Vendetta". Sa figure a pris de l'importance après avoir dénoncé publiquement qu'il reçoit des menaces de mort à cause d'une vidéo enregistrée pendant la crise frontalière de Ceuta.
L'homme a assuré ce jeudi dans l'émission "Dans la bouche de tous", de Cuatro, que sa photographie et son nom apparaissent dans une liste diffusée sur les réseaux sociaux dans laquelle il est supposément offert 27.000 euros pour sa capture "vivant ou mort".
Le Pikas de Vendetta, son nom en tant que rappeur
Le Pikas publie de la musique urbaine depuis plusieurs années. Sur les plateformes musicales, il apparaît comme auteur de chansons telles que "Narcos de Ceuta", "Les kilos", "La peur", "Délinquant", "Frères dans le crime" ou "FAVELA x EL NIÑO WILLY". Les crédits de ses compositions identifient l'artiste comme Azeddine El Ouzzani Touhami.
Son profil public est lié à Ceuta et à une esthétique habituelle dans le rap de rue. En 2022, des médias locaux faisaient déjà référence à Azeddine El Ouzzani comme "Le Pikas", donc le surnom n'est pas né pendant la crise actuelle ni à la suite des menaces dénoncées.
La vidéo avec une matraque qui a provoqué la polémique
Selon son récit sur Cuatro, les menaces ont commencé après qu'il ait publié une vidéo dans laquelle il apparaissait avec une matraque. Le Pikas soutient que l'enregistrement était une blague dirigée contre Pedro Sánchez et que certaines personnes l'ont interprété comme une preuve qu'il frappait ou poursuivait les Marocains qui étaient entrés à Ceuta.
"Je n'ai jamais frappé personne avec la matraque", a-t-il affirmé lors de l'interview. Il a également assuré qu'il avait aidé les nouveaux arrivants, offert de la nourriture et un logement et récupéré des téléphones qui leur avaient été volés. Ces affirmations correspondent exclusivement à sa version et n'ont pas été vérifiées de manière indépendante.
Le programme a expliqué que sur les réseaux sociaux circulaient des images avec des noms et des supposées récompenses contre plusieurs personnes accusées de maltraiter, dénoncer ou ne pas aider ceux qui ont traversé la frontière. La chaîne a attribué les menaces à des groupes radicalisés, bien qu'elle n'ait pas non plus fourni une identification officielle de leurs responsables.
Menaces par téléphone et réseaux sociaux
Le Pikas a assuré qu'il a reçu des messages et des appels provenant de différents pays et qu'il est également menacé via TikTok. Selon son témoignage, ceux qui le contactent lui disent qu'ils entreront chez lui, le tueront ou le mutileront.
Le rappeur affirme qu'il ne peut pas retourner au Maroc et qu'il n'a pas dormi depuis plusieurs jours par crainte des représailles. Il soutient également que ses enfants ne sont pas sortis de la maison depuis le début des menaces. Il n'a pas été communiqué publiquement s'il a déposé une plainte formelle ou s'il bénéficie actuellement d'une protection policière.