PP et Vox ont dénoncé ce jeudi que PSOE et Sumar soutiennent une réforme du Règlement du Congrès qui adoucit les exigences pour constituer un groupe parlementaire propre à la Chambre Basse, avec l'objectif, selon eux, de récompenser les formations minoritaires qui ont soutenu le Gouvernement de coalition durant cette législature et d'assurer leur soutien lors de la prochaine si elles en ont à nouveau besoin.
Lors de la Plénière où cette modification a été discutée, tant les 'populaires' que Vox ont convenu que le changement des règles parlementaires confirme que la législature est épuisée et que les forces qui ont soutenu l'Exécutif craignent un recul dans les urnes.
C'est ce qu'a exprimé le 'populaire' Pedro Navarro, qui a soutenu que le Règlement du Congrès "ne peut pas devenir un instrument de négociation pour le processus électoral imminent", bien que, selon lui, il l'est déjà depuis le début de la législature, lorsque cela a été modifié pour permettre l'utilisation des langues co-officielles dans l'Hémicycle.
Dans cette ligne, il a rejeté que le texte soit retouché pour "fabriquer des groupes artificiels". "Nous défendons que ceux qui veulent avoir un groupe propre, le gagnent dans les urnes, avec le soutien des citoyens, pas dans le couloir en échange d'un vote pour une initiative", a-t-il insisté.
Le parlementaire de Vox Carlos Flores Juberías a critiqué que les conditions pour disposer d'un groupe propre soient abaissées "jusqu'à des limites ridicules" par une proposition qui, à son avis, démontre que, quoi que dise le président du Gouvernement, "la législature est terminée".
Dans ce contexte, il a été questionné si cette réforme est un "cadeau d'adieu pour trois ans de soutien fidèle" des partenaires au Gouvernement ou s'il s'agit plutôt de "le paiement anticipé pour le soutien qu'il espère recevoir d'eux lors de la prochaine législature".
Critiques à Podemos et avertissements à Junts
De plus, il a exhorté Podemos à "leur donner une 'pensadeta'" à un texte qui, au vu de leurs résultats en Aragon, Castille et León ou Galice, leur sera utile, puisque là ils n'ont même pas atteint 1% des suffrages. Un reproche similaire a été adressé à Junts, à qui il a suggéré de le réduire même à 0,1%.
"Quand les majorités changeront et que d'autres modifications du Règlement seront proposées, vous ne serez pas légitimés pour aucune critique, car vos comportements et votre sectarisme préalable vous feront esclaves des mêmes", a averti, pour sa part, le député de UPN, Alberto Catalán.
Défense du pluralisme et des règles claires
Face à ces accusations, les groupes minoritaires ont soutenu que la réforme du Règlement permet "un meilleur reflet ou adéquation de la diversité et pluralité de la société qui se manifeste dans les résultats électoraux", comme l'a résumé le représentant du PNV Mikel Legarda, et renforce en outre la protection du pluralisme politique.
Ils ont également souligné que la nouvelle rédaction dote le Congrès de règles "claires" qui empêcheront les majorités de faire un usage "tortueux" du Règlement pour interdire ou autoriser la création de groupes parlementaires. C'est ce qu'ont exposé à la fois Jon Iñarritu, de Bildu, et Pilar Vallugera, de l'ERC, qui a accusé le PP et Vox de continuer à observer le Congrès et le pays "avec les lunettes du siècle dernier".
"Nous faisons un changement dans la vie interne de ce Parlement pour que, si dans les prochaines législatures le fascisme gouverne, nous ayons au moins la possibilité de leur faire face, non seulement dans les rues, mais aussi ici", a défendu Alberto Ibáñez, de Sumar, revendiquant ce type de mesures compensatoires.
Le PSOE nie une rupture du fonctionnement de la Chambre
Du côté socialiste, María Adrio a souligné que cette réforme réglementaire "ne rompt pas le fonctionnement de la Chambre" et que son objectif est "de corriger une rigidité qui pose aujourd'hui des situations difficilement compatibles avec le pluralisme de l'institution". De plus, elle a indiqué qu'elle évitera que le Groupe Mixte "soit trop grand", ce qui, à son avis, "difficultait son fonctionnement et l'organisation des débats".