Le président de la Junta d'Andalousie, Juanma Moreno (PP), a soutenu ce mardi que le PSOE devrait "ouvrir déjà un dossier" contre l'ancien président du Gouvernement et ancien secrétaire général socialiste José Luis Rodríguez Zapatero et lui réclamer "des explications" sur le sauvetage de Plus Ultra, considérant que la situation est "très grave" et qu'on ne peut pas "cacher la tête".
Moreno s'est exprimé de cette manière lors de déclarations aux médias à Madrid, après avoir été reçu en audience par le Roi Felipe VI au Palais de la Zarzuela, à l'occasion de sa récente réélection en tant que président de la Junta d'Andalousie.
Le dirigeant andalou a été interrogé sur les dernières informations relatives à Rodríguez Zapatero dans l'enquête sur le "cas Plus Ultra", parmi lesquelles que son associé, l'entrepreneur Julio Martínez Martínez, a déclaré devant le juge que l'ancien président du Gouvernement "donnait les étapes à suivre" et qu'il reconnaissait une commission de 1% pour son intermédiaire dans le sauvetage de 53 millions d'euros accordé par l'exécutif de Pedro Sánchez à la compagnie aérienne pendant la pandémie.
Pour Moreno, la situation est "déjà inacceptable" et le "cercle se referme autour de M. Rodríguez Zapatero parce qu'il y a de plus en plus de preuves qu'il n'a pas fait un usage supposément légal de cette entreprise, de ce cabinet qu'il a monté, et qu'ainsi des explications sont attendues de sa part".
Il a également souligné qu'il lui paraît très frappant que, après plus d'un mois, "M. Rodríguez Zapatero n'ait donné aucun type d'explication, n'ait pas fait face à l'opinion publique, et n'ait pas dit, par exemple, la provenance de ces bijoux alors qu'il s'était engagé en dix jours à donner des explications, et donc, tout est trouble, obscur et sale".
Dans le même sens, Juanma Moreno a indiqué qu'il est "très surpris que le PSOE et le Gouvernement d'Espagne continuent à mettre la main au feu après s'être brûlés au cours de l'année dernière avec différents dirigeants, secrétaires d'organisations ou ministres".
"Je suis surpris par le niveau de corruption que nous avons dans notre pays ; au début, nous pensions que c'était quelque chose d'isolé et conjoncturel, mais nous commençons déjà à penser avec des preuves que c'est quelque chose de structurel, planifié, organisé et une tache noire beaucoup plus large que ce que nous pensions il y a à peine un an", selon Moreno.
Dans ce contexte, il a souligné que "le PSOE devrait déjà ouvrir un dossier contre M. Zapatero, même de manière préventive, pour voir exactement ce qui se passe" et collaborer pleinement avec la justice, car, à son avis, la situation est "insupportable".
Pour Moreno, "cacher la tête et faire une sorte de barrière" pour "se protéger tous", "qu'ils inculpent qui ils inculpent et qu'ils enquêtent sur qui ils enquêtent", constitue un "suicide collectif d'un parti et d'un gouvernement", qu'il qualifie d'"une grave erreur".