Le port de Moca, enclave clé du Yémen situé dans le détroit de Bab el Mandeb, a suspendu ses opérations sans date de reprise après la dernière série de frappes aériennes menées vendredi dernier par l'insurrection houtie. Cette offensive constitue l'épisode le plus récent d'une chaîne de bombardements initiée le 9 août, qui a laissé au moins sept morts dans les installations portuaires.
Lors d'une conférence de presse, le directeur du port, Abdulmalik al Sharabi, a confirmé l'arrêt de toute activité et a estimé les dommages causés par les attaques houties à environ 13,8 millions d'euros, selon l'agence officielle turque Anadolu. Selon le décompte diffusé par l'agence officielle du gouvernement yéménite à Aden, SabaNews, les victimes mortelles sont quatre gardes de sécurité et trois membres du personnel du port.
Les houties soutiennent que cette campagne de bombardements a été dirigée uniquement contre des forces militaires et de l'armement saoudien déployé à Moca, et tiennent les autorités du royaume arabe, allié du gouvernement yéménite d'Aden, responsables d'alimenter une nouvelle escalade de violence dans le pays dans le contexte de la guerre d'Iran. Téhéran est le principal soutien régional du mouvement houtie, qui contrôle la capitale, Sanaa, depuis environ une décennie.
Parallèlement, au cours des dernières heures, les houties ont intensifié leur offensive contre la ville de Marib, située à l'est de Sanaa et considérée comme le bastion le plus proche de la capitale des forces loyales au gouvernement d'Aden.
Dans un communiqué diffusé ce samedi, l'armée yéménite a dénoncé que les houties ont lancé au moins trois missiles balistiques contre "des quartiers densément peuplés de déplacés dans la ville de Marib", sans que pour l'instant des données sur d'éventuelles victimes ne soient disponibles.
La ministre des Affaires étrangères du gouvernement yéménite, Afrah al Zuba, a souligné que les attaques houties contre Moca rendent extrêmement difficile l'arrivée de l'aide humanitaire dont la population a besoin après dix ans de guerre. Elle a également averti que le gouvernement ne permettra pas que le détroit, passage stratégique vers le golfe d'Aden, devienne un "outil de pression" au service des alliés iraniens des houties.
"Les bombardements représentent une tentative d'attaquer l'un des moyens vitaux du peuple yéménite et de saper les capacités de l'État sur l'un de ses fronts les plus efficaces pour sauvegarder la sécurité maritime dans la mer Rouge et Bab el Mandeb et garantir une navigation sûre", a dénoncé.
La ministre a insisté sur le fait que le détroit "ne deviendra pas un outil de pression entre les mains d'un groupe terroriste armé, ni le Yémen, ses actifs nationaux et ses routes maritimes ne resteront des otages d'une guerre indéfinie qui sert l'agenda régional de l'Iran et menace les États voisins".