Est-ce qu'Israël est derrière l'avalanche migratoire de Ceuta ? Que sait-on de la théorie qui relie le Maroc à la crise

L'alliance stratégique entre Israël et le Maroc a donné lieu à de nouvelles hypothèses sur la crise migratoire de Ceuta. Cependant, jusqu'à présent, il n'existe pas de preuves publiques liant Israël à l'organisation ou à l'impulsion de l'avalanche migratoire.

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La crise migratoire de Ceuta a ouvert un nouveau front de débat géopolitique. Au cours des dernières heures, El Mundo a relayé des informations et des analyses provenant de l'environnement chinois qui suggèrent une supposée implication indirecte d'Israël dans la stratégie du Maroc envers l'Espagne. La thèse repose sur un fait certain - l'alliance croissante entre Rabat et Israël - mais fait un saut supplémentaire en suggérant que cette relation pourrait être à l'origine de la pression migratoire exercée sur Ceuta.

Cependant, ce dernier extrême n'est pas soutenu par des preuves publiques ni par des informations officielles connues à ce jour.

Ce qui est effectivement attesté

Depuis la signature des Accords d'Abraham en 2020, le Maroc et Israël ont considérablement renforcé leur coopération en matière de défense, de renseignement, de cybersécurité et de technologie militaire. Israël est devenu l'un des principaux fournisseurs de systèmes de surveillance, de drones et de capacités de renseignement pour les Forces armées marocaines.

Cette approche stratégique est un fait largement documenté et fait partie du nouvel équilibre des pouvoirs en Afrique du Nord.

Le saut que font certaines analyses

L'hypothèse diffusée depuis certains milieux chinois — et reprise par El Mundo — soutient que cette alliance pourrait se traduire par une plus grande capacité de pression géopolitique sur l'Espagne, notamment après le rapprochement du gouvernement espagnol avec Pékin et la détérioration de ses relations avec certains partenaires occidentaux.

Néanmoins, entre cette hypothèse et l'affirmation selon laquelle Israël a participé ou a encouragé l'avalanche migratoire, il existe un vide probatoire.

Jusqu'à présent :

  • il n'existe aucune enquête officielle attribuant à Israël un rôle dans la crise;

  • ni le gouvernement espagnol;

  • ni l'Union européenne;

  • ni les services de renseignement occidentaux n'ont publiquement signalé cette possibilité.

Le Maroc reste l'acteur central

Ce qui fait partie du débat politique et académique depuis des années est l'utilisation de la migration comme instrument de pression diplomatique de la part du Maroc.

La crise de Ceuta de 2021 a déjà été interprétée par de nombreuses institutions européennes comme un épisode où Rabat a délibérément assoupli les contrôles frontaliers dans un contexte de tension bilatérale. Ce précédent explique que bon nombre des analyses actuelles remettent le focus sur le Maroc en tant qu'acteur principal de la crise.

En parallèle, le CNI a donné crédibilité à de nouvelles campagnes diffusées sur les réseaux sociaux pour promouvoir une autre entrée massive à Ceuta, ce qui souligne le rôle de la désinformation et de la mobilisation numérique comme facteurs pertinents dans la crise.