L'Italie, la Finlande et le Danemark ont réclamé d'étudier la suspension de la coopération Schengen avec l'Espagne en réponse à l'entrée massive de migrants enregistrée à Ceuta. L'initiative est partie de la Première ministre italienne, Giorgia Meloni, et a reçu le soutien de plusieurs dirigeants européens.
Ce matin, la plateforme X se présentait ainsi :
Le immagini che arrivano da Ceuta sono impressionanti e dimostrano, ancora una volta, che l’immigrazione clandestina fuori controllo rappresenta una minaccia concreta per la sicurezza dei confini europei.
— Giorgia Meloni (@GiorgiaMeloni) 30 juillet 2026
Mi sono confrontata con il Ministro dell’Interno Matteo Piantedosi.…
Meloni a soutenu que les images provenant de la ville autonome montrent que l'immigration irrégulière représente une menace pour la sécurité des frontières européennes. La dirigeante italienne a assuré que son gouvernement est prêt à recourir à des “instruments extraordinaires”, parmi lesquels la suspension de Schengen avec l'Espagne.
Le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a lié la crise à la régularisation des migrants impulsée par le gouvernement espagnol, une relation rejetée par l'exécutif de Pedro Sánchez. Madrid a convoqué l'ambassadeur italien pour lui faire part de son mécontentement face aux déclarations de Rome.
La Finlande accuse l'Espagne de ne pas protéger la frontière
La ministre finlandaise de l'Intérieur, Mari Rantanen, a soutenu publiquement la proposition italienne et a accusé l'Espagne d'avoir “échoué complètement” dans la protection de la frontière extérieure de l'espace Schengen.
Espanja on täysin epäonnistunut suojaamaan Schengen-alueen ulkorajan maahantunkeutumiselta. Näin ei voi jatkua. Kaikkien Euroopan maiden tulee tukea Melonin esitystä. Sellaiset maat jotka eivät täytä velvollisuuttaan suojata ulkorajaa, eivät voi olla Schengenin jäseniä.
— Mari Rantanen (@MariPSRantanen) 31 juillet 2026
Rantanen, membre du Parti des Finlandais, a défendu que les pays qui ne respectent pas leur obligation de contrôler les frontières extérieures ne devraient pas continuer dans le système. La ministre des Affaires étrangères finlandaise, Elina Valtonen, a parlé avec son homologue espagnol, José Manuel Albares, et a réclamé que l'Espagne retrouve le contrôle avec l'aide de l'Union européenne.
La première ministre danoise, Mette Frederiksen, a rejoint la demande et a souligné que l'UE doit examiner “toutes les options”, y compris une possible suspension de la coopération Schengen. Frederiksen a contacté Meloni dans le but de rassembler plusieurs dirigeants européens pour analyser la situation.
La France renforce les contrôles aux frontières
La France a opté pour une mesure immédiate. Son ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a annoncé l'activation d'une force d'intervention rapide pour intensifier les contrôles aux frontières avec l'Espagne.
Face à la situation constatée dans l’enclave de Ceuta, j’ai, dès hier soir, donné des instructions pour renforcer sans attendre les contrôles à la frontière espagnole. Par ailleurs, j’active la Force Frontière d’intervention rapide pour des contrôles en profondeur.
— Laurent Nuñez (@NunezLaurent) 31 juillet 2026
Le gouvernement français maintient des contacts avec les autorités espagnoles tout en renforçant la surveillance des passages terrestres. La réintroduction temporaire de contrôles internes est bien prévue par les normes de Schengen lorsqu'il existe une menace grave pour l'ordre public ou la sécurité, bien qu'elle doive être limitée au temps strictement nécessaire.
Espagne peut-elle être expulsée de Schengen ?
La proposition formulée par l'Italie et soutenue par la Finlande et le Danemark n'équivaut pas juridiquement à expulser l'Espagne de l'espace Schengen. La réglementation européenne ne prévoit pas qu'un État membre puisse exclure un autre unilatéralement.
Les pays peuvent effectivement rétablir des contrôles temporaires à leurs propres frontières intérieures, comme cela a déjà été le cas lors de précédentes crises migratoires, sanitaires ou de sécurité. Cette mesure affecterait les contrôles documentaires et pourrait provoquer des retards dans les aéroports, ports et passages terrestres, mais n'éliminerait pas le droit de libre circulation des citoyens de l'Union.
L'ancien haut représentant de l'UE Josep Borrell a également rejeté l'idée qu'il existe une voie légale pour expulser l'Espagne et a souligné que cette possibilité ne fait pas partie de l'architecture juridique communautaire.
Bruxelles offre son soutien à l'Espagne
La Commission européenne a offert à l'Espagne plus de soutien financier, technique et opérationnel, y compris un possible renforcement via Frontex. Le commissaire européen de l'Intérieur et des Migrations, Magnus Brunner, maintient des contacts avec le ministre Fernando Grande-Marlaska et avec les autorités marocaines.
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