Le maire de Saint-Sébastien, Jon Insausti, a tenu ce jeudi une réunion avec le collectif Kaleko Afari Solidarioak (KAS) après que la mairie ait décidé de supprimer depuis mardi dernier les "dîners solidaires" destinés aux personnes sans ressources. Dans ce contexte, l'édile a de nouveau souligné la nécessité de promouvoir des "solutions intégrales" et de progresser dans des "processus réels d'inclusion" pour répondre à cette réalité.
Insausti a détaillé que la rencontre avec KAS, d'une durée de près de deux heures, s'est déroulée dans un climat "cordial et de respect", où a été manifeste la "bonne volonté" de toutes les parties pour faire face au "grand défi mondial que représente le sans-abrisme", un phénomène qui "transcende Donostia" et qui nécessite "corresponsabilité interinstitutionnelle et équilibre territorial".
Le maire donostiarra a indiqué qu'"il y a des initiatives sociales qui, de la meilleure volonté, n'atteignent pas l'objectif commun d'aider les personnes à s'intégrer dans la ville," en raison du fait qu'il n'existe "ni cadre organisationnel, ni structure stable de coordination avec le système public". À son avis, "sans planification partagée, évaluation et itinéraires individualisés, peu ou rien n'est accompli pour entreprendre un projet de vie".
De plus, il a souligné que "lorsqu'un besoin prend un caractère structurel", la réponse "doit être orientée vers la recherche de solutions intégrales et la recherche de processus réels d'inclusion" et a considéré que "tout cela exige des professionnels spécialisés, une coordination institutionnelle et une corresponsabilité publique organisée et stable".
Après avoir souligné que "l'affrontement des situations d'exclusion sociale ne peut reposer exclusivement sur l'initiative volontaire", Insausti a insisté sur le fait que "la solidarité dignifie une société". Dans ce sens, il a souligné que les institutions "ont une responsabilité encore plus grande : convertir cette solidarité en opportunités".
Il a également défendu que les politiques publiques "doivent être ordonnées, humaines, durables, coopératives, personnalisées et orientées vers des résultats" car "le véritable succès d'une politique sociale ne consiste pas à ce qu'une personne reçoive de l'aide chaque jour, mais à ce qu'à grâce à l'engagement partagé entre l'administration et la personne elle-même, arrive un moment où elle n'en a plus besoin".
Le premier édile s'est engagé à allouer plus de ressources municipales pour pouvoir aider 416 personnes avec de la nourriture, tant qu'elles sont enregistrées dans le système de Services Sociaux de Saint-Sébastien et qu'il existe "un engagement de travail dans le processus personnalisé d'inclusion, afin de développer leur projet de vie dans la ville". "Donostia s'engage à accompagner toutes ces personnes et à ce qu'elles assument des droits et des obligations à respecter", a réitéré.
Insausti a rappelé que les administrations publiques "ont une responsabilité différente de celle de toute initiative volontaire" et que leurs politiques doivent être capables de "transformer une aide immédiate en un processus réel d'inclusion".
"Reconnaître la valeur de la solidarité ne signifie pas renoncer à ordonner la réponse publique", a-t-il souligné, pour ajouter que "cela signifie précisément le contraire : assumer que, lorsque un besoin devient structurel, la réponse institutionnelle doit également le devenir".
Pour cela, il a de nouveau souligné que "l'approche de l'exclusion sociale ne peut pas être abordée sans planification, en dehors de cadres organisationnels ni de structures stables de coordination avec le système public".
Dans son intervention finale, il a soutenu que "la sécurité ne peut avoir une vision seulement depuis le domaine policier, mais ne peut pas non plus être ignorée. Elle doit également avoir une vision de coexistence, et cela constitue le fondement principal d'une politique sociale, comme le reste des respect des normes et régulations nécessaires pour l'ordre dans une société démocratique".
DEMANDE DE KAS
Pour sa part, le porte-parole de KAS, Agus Rodríguez, a expliqué aux médias à l'issue de la réunion qu'ils ont demandé au maire de lever l'interdiction de distribuer les dîners solidaires jusqu'à ce que l'alternative municipale d'offrir cent dîners supplémentaires à des personnes sans ressources soit en place grâce au programme "Otorduak", proposition à laquelle Insausti "s'est opposé".
Selon Rodríguez, lors de la réunion, ils ont parlé "dans un ton correct". "La première demande était qu'ils laissent provisoirement en suspens la décision d'interdiction des dîners, mais cela a été un 'non catégorique' et la mairie se réaffirme dans sa décision d'interdiction totale des dîners". Pour le moment, il n'y a pas de nouvelles rencontres programmées entre la mairie donostiarra et KAS, qui va maintenant évaluer quelles étapes prendre à partir de ce moment.