Les autorités françaises ont décidé d'interdire l'accès depuis le territoire national au site de la plateforme américaine de marchés de prédiction Polymarket, considérant qu'elle entretient des liens présumés avec des activités de paris et de "jeu non autorisés".
L'Autorité Nationale des Jeux de France (ANJ) dirige ses actions contre la société mère de Polymarket, Adventure One QSS Inc, qui depuis 2024 est sous le contrôle du régulateur français. Sur instruction de l'ANJ, Adventure One a appliqué un système de blocage géographique pour freiner toute opération financière liée à ses services de jeu en provenance de France, "mais cette mesure a été contournée dans la pratique", déplore l'organisme dans une note officielle.
Après avoir rappelé formellement en février que ce type de sites de prédiction n'est pas autorisé en France et que "ce sont considérés comme des sites de paris illégaux, exposant ainsi leurs utilisateurs à de nombreux risques en raison du manque de réglementation", l'ANJ soutient que "certaines paris offerts sur cette plateforme semblaient être truqués".
Une enquête ouverte en mai par l'Unité de Crimes Informatiques du Parquet de Paris a révélé que, dans les versions de Polymarket accessibles au public français et européen, il manquait un système de vérification et d'identification des utilisateurs garantissant l'intégrité de la plateforme.
"Au cours des deux dernières années, la plateforme a connu une croissance constante en France, avec 578.751 visites et 205.057 visiteurs uniques rien qu'en juin. La page d'accueil, qui affiche dynamiquement les cotes en temps réel pour divers événements disponibles pour parier, est un moyen important de diffuser et de promouvoir les offres de Polymarket, bien que ses activités ne soient pas autorisées en France", relate l'ANJ, qui alerte sur l'impact de cette exposition.
Le régulateur français insiste sur le fait que "annoncer, par quelque moyen que ce soit, un site de paris ou de jeux de hasard non autorisé constitue un délit" et rappelle que la même peine s'applique à quiconque, par quelque voie que ce soit, "diffuse au public, dans le but de promouvoir des sites de paris en ligne non autorisés, les cotes et les paiements offerts par ces sites".
En conséquence, l'ANJ a ordonné "le blocage administratif de ce site, comme elle l'a fait avec d'autres sites illégaux depuis qu'elle a ce pouvoir", un outil avec lequel plus de 1.290 adresses web ont été affectées l'année dernière.