Plus de 11 100 hectares ont été réduits en cendres par les deux grands incendies qui frappent la Grèce, situés en Béotie et à Porto Germeno, au nord-ouest d'Athènes, selon les dernières données fournies par les autorités helléniques.
"Selon l'analyse des données satellitaires du mécanisme européen Copernicus EMS (acronyme anglais pour le Service de Gestion des Urgences), à 12h05 dimanche (heure locale), environ 30 900 stremmas (3 090 hectares) ont été brûlés dans l'incendie de Béotie et environ 80 800 stremmas (8 080 hectares) dans l'incendie de Porto Germeno, Attique (qui est encore actif)", a informé l'Observatoire National d'Athènes dans une publication.
Avec ce bilan, qui élève la superficie dévastée au-dessus de 11 100 hectares, l'organisme a indiqué qu'il "suit l'évolution des incendies grâce aux données satellitaires et aux modèles de prévision des conditions pirométéorologiques".
En même temps, le directeur de la Planification Stratégique et de la Communication de la Direction du Corps des Pompiers, Vasilios Vatrakoyanis, a comparu dans l'après-midi de ce dimanche depuis le Centre National de Coordination des Opérations et de Gestion de Crise à Marusi pour détailler le dispositif déployé face aux flammes.
Denonçant "des conditions extrêmement difficiles" marquées par "de forts vents (qui) persistent depuis cinq jours consécutifs", Vatrakoyanis a expliqué que durant la journée, des dizaines de moyens aériens — avions et hélicoptères — ont été mobilisés, en plus de camions-citernes provenant des régions d'Attique et de Grèce Centrale et de "matériel de construction" qui "continue de dégager des zones affectées par le feu, en collaboration avec le Service Forestier, et dans plusieurs cas a réussi à contenir les fronts d'incendie".
La dernière semaine a mis à l'épreuve la capacité de réponse face au feu des autorités grecques, car, comme l'a précisé le porte-parole des Pompiers, "depuis le lundi 27 juillet jusqu'à aujourd'hui (dimanche), un total de 220 incendies agroforestiers ont été enregistrés dans tout le pays".
Parmi les mesures adoptées, se distinguent les "33 arrestations" effectuées par les forces de sécurité "en cinq jours", dont 30 pour négligence et trois pour dol. "De plus, 22 amendes administratives d'un total de 70 100 euros ont été imposées", a ajouté Vatrakoyanis.
Le responsable a signalé de nombreux "cas liés aux travaux à chaud, principalement avec des machines lourdes, lors de jours de risque d'incendie élevé ou extrême".
En ce qui concerne l'incendie en Béotie, il a expliqué que le foyer initial a été déclaré à proximité d'un parc éolien, bien en dehors des turbines et des installations principales.
"Le point d'origine a été identifié comme la ligne de transmission électrique, à 500 mètres des éoliennes, par où est canalisée l'énergie produite par le parc éolien vers le réseau électrique central", a-t-il précisé, avant de rappeler que "fin juin, un incendie s'était déjà produit à ce même endroit".
Face à ce scénario, il a souligné que plusieurs équipes de la Division des Incendies Provoqués "sont déployées sur tous les incidents graves (...) menant des enquêtes avec rigueur, documentation scientifique et une évaluation systématique de toutes les preuves disponibles, en plus de réaliser des patrouilles fréquentes sur tout le territoire".
"Le risque d'incendie reste très élevé", a souligné l'autorité, alertant que "nous traversons peut-être les jours les plus difficiles de l'été".
Lors de la même comparution, il a exprimé ses condoléances aux proches des deux membres d'équipage décédés dans la collision de deux hélicoptères alors qu'ils participaient aux travaux d'extinction. Les victimes mortelles sont le pilote danois et le coordinateur grec de l'un des appareils. Deux autres occupants, le pilote britannique et le coordinateur grec du second hélicoptère, ont été évacués à l'Hôpital Général de la 251.ª Force Aérienne, où ils restent hospitalisés avec un pronostic réservé.