Le secrétaire d'État à l'Environnement, Hugo Morán, a clairement indiqué que le gouvernement central n'enverra pas à la Commission européenne un rapport sur la situation du loup basé sur des chiffres envoyés par plusieurs communautés autonomes qui, selon ses dires, "ne correspondent pas à la réalité" et la "falsifient", étant soutenus par des critères "politiques" et non "scientifiques".
"Ce que le ministère ne peut pas faire, c'est envoyer à Bruxelles un rapport que le système lui-même dit être faux", a-t-il souligné ce jeudi à Santander. De plus, il a rejeté que l'Administration générale de l'État travaille sur des changements réglementaires pour réinclure le loup dans le LESPRE, la Liste des Espèces Sauvages en Régime de Protection Spéciale, dont il a été exclu au printemps 2025.
Face à cette voie, Morán a indiqué que l'Exécutif opte pour respecter le critère scientifique sur l'état de conservation de l'espèce comme "le plus valide" pour gérer la population, plutôt que de se conformer à des approches "politiques" des gouvernements autonomes. Dans ce sens, il a avancé qu'il sera tenté de faire en sorte que les communautés révisent et rectifient les chiffres envoyés avec lesquels, à son avis, on "falsifie la réalité".
"Nous allons essayer de voir si, en dernier recours, les communautés autonomes sont capables de corriger leurs propres données et de les adapter à la réalité", a déclaré le secrétaire d'État, en réponse aux médias à l'occasion de son intervention lors d'une conférence sur le changement climatique dans le cadre d'un cours européen qui se tient cette semaine à l'Université Internationale Menéndez Pelayo (UIMP).
Morán a défendu que la position du département dirigé par Sara Aagesen concernant le loup "n'a jamais varié", de sorte que le ministère maintient le diagnostic scientifique sur la conservation de l'espèce comme "celui qui décrit le mieux la réalité", très éloigné, selon ses dires, de celui soutenu par différents exécutifs autonomes.
Ainsi, il a souligné que l'Environnement "ne renoncera pas à l'interprétation de la communauté scientifique pour adopter un critère politique", et a insisté sur le fait que "la majorité" des communautés autonomes "continuent d'avoir un critère divergent de la science". Pour cela, il a réitéré que "dans aucun cas" le gouvernement d'Espagne n'enverra à Bruxelles des données qui "ne correspondent pas à la réalité".
Il a expliqué que les chiffres fournis par les autonomies pour la rédaction du rapport sur le loup sont rejetés lorsqu'ils sont introduits dans la plateforme, en détectant des "erreurs" par un système de contrôle qui, selon ce qu'il a décrit, "empêche de se faire avoir".
"Ce que le Ministère ne peut pas faire, c'est envoyer à Bruxelles un rapport que le système lui-même dit être faux", a répété Morán, rappelant également les "appels successifs" qui ont été adressés aux communautés pour qu'elles "corrigent les données que le système rejette".
25 meutes et 177 loups en Cantabrie
Selon les derniers enregistrements du Gouvernement de Cantabrie, dans la communauté, il existe actuellement environ 25 meutes de loups et un total de 177 exemplaires, répartis sur presque 80 pour cent de la superficie régionale, avec une présence même dans des zones côtières, où des dommages à l'élevage causés par cette espèce sont également signalés.
Le Gouvernement cantabre continue d'exécuter les extractions prévues dans son plan de gestion. Au cours de l'exercice précédent, un quota maximum de 41 exemplaires a été fixé, qui a été atteint, tandis que pour cette année, avec une limite de 35 exemplaires approuvée en mars et valable jusqu'à la fin décembre, la prévision de nouvelles éliminations dans ce plafond est maintenue.