La régulation du lobby est déjà là : le défi n'est plus de pouvoir influencer, mais comment le faire

Jorge Villarino, PDG de Vinces, docteur en Droit et avocat des Cortes Generales en congé, analyse la nouvelle réglementation des groupes d'intérêt, se félicite qu'elle reconnaisse la légitimité de l'influence et avertit des doutes et des difficultés qu'ouvre son application immédiate.

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Jorge Villarino es CEO de Vinces, doctor en Derecho y letrado de las Cortes Generales (en exc.)
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Le mardi le Conseil des ministres a publié le décret-loi royal 21/2026, du 25 août, sur la transparence et l'intégrité des activités des groupes d'intérêt. La réglementation tant demandée du lobby dans le domaine de l'Administration générale de l'État est déjà là. Au-delà de la considération qui pourrait nécessiter son approbation par un type de norme comme le décret-loi royal, cette norme implique de doter d'une base légale l'exercice de l'activité, car son fondement constitutionnel existait déjà dans le droit des citoyens à participer aux affaires publiques (art. 23 CE). Bienvenues affirmations du propre décret-loi royal, comme celle que "Cette participation contribue à l'amélioration de la qualité démocratique des institutions publiques en renforçant leur légitimité".

La norme prend, logiquement, comme point de départ le projet de loi qui est actuellement en cours de traitement au Congrès des députés, ainsi que les paramètres habituels des principes que jadis avait établis la OCDE, des réglementations comme celle de Bruxelles, des normes déjà approuvées dans certaines Communautés autonomes et même au niveau local.

En ce qui concerne le régime juridique proprement dit, sont abordées les questions déjà attendues du champ d'application, la création d'un registre et son contenu correspondant, les principes de conduite, l'empreinte normative et le régime de sanctions correspondant. Rien de particulièrement nouveau. Également attendu le vecteur concernant ceux qui exercent ou ont exercé une fonction publique et agissent maintenant dans ce domaine d'activité.

À partir de là, une critique constructive : une période d'adaptation aux exigences normatives, particulièrement si l'origine de celles-ci est un décret-loi royal, aurait été appréciée. Formation des équipes, modifications des sites web corporatifs, révision des activités qui se déroulent pour déterminer lesquelles doivent être cataloguées comme "influence", révision des codes de conduite internes ou la création même du registre, ne sont que quelques mesures qui exigent des délais minimaux.

Les dispositions finales et la modulation des entrées en vigueur ou l'établissement de régimes transitoires sont des mécanismes simples qui auraient aidé. Je suis conscient que ce délai que je demande peut sembler contraire à la nature d'un décret-loi, mais si la justification réside dans le respect du Plan de Récupération, de Transformation et de Résilience, la contradiction s'estompe. D'autres justifications comme la pertinence matérielle de la réglementation projetée ne sont pas un motif de recourir à cette modalité normative.

À cela s'ajoute que des heures, des jours et même des semaines de réflexion vont venir pour discerner certaines doutes interprétatives. La gestion du Registre par le Conseil de Transparence et de Bon Gouvernement implique-t-elle des pouvoirs interprétatifs de sa part concernant le respect de la norme ? Les procès-verbaux et les minutes par qui seront-elles élaborées ? Existera-t-il un modèle normalisé ? La confidentialité commerciale comme paramètre de restriction d'accès à l'information, selon quels critères sera-t-elle appliquée ? Qui déterminera ce qui est ou n'est pas influence ? Une simple présentation de l'activité d'une entreprise à un acteur public pour sa connaissance le serait-elle ? Et si dans le cadre d'une rencontre l'ordre du jour initialement prévu est modifié par le propre déroulement de celle-ci ?

Faisant cette exposition, mettons-nous au travail et affrontons ces logiques doutes initiales. Accueillons cette norme et aussi la reconnaissance expresse que l'influence n'est pas seulement légitime mais nécessaire pour notre démocratie. Le débat n'est plus de savoir s'il est légitime d'influencer, mais que, comme nous l'avons toujours cru à Vinces, c'est le comment qui compte. Rigueur, sérieux et professionnalisme maximal.

sur la signature :

Jorge Villarino est PDG de Vinces, Docteur en Droit et Avocat des Cortes Generales (en exc.)