Abascal demande au PP ses voix pour activer l'article 102 de la Constitution et accuser Sánchez de "trahison"

Vox réclame le soutien des populaires pour impulser au Congrès la procédure constitutionnelle concernant l'action du président du Gouvernement pendant la crise de Ceuta.

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Santiago Abascal a demandé ce lundi au Parti Populaire de soutenir par ses votes l'initiative de Vox pour recourir à l'article 102 de la Constitution et promouvoir une accusation contre Pedro Sánchez pour "trahison" en relation avec la crise de Ceuta. La formation a besoin de soutiens parlementaires supplémentaires pour que la procédure puisse avancer au Congrès.

Le président de Vox a lancé cet appel depuis San Lorenzo de El Escorial, après la réunion du Comité Exécutif National avec laquelle le parti a commencé l'année politique, avance El Confidencial. Abascal tient Sánchez responsable de ce qui s'est passé à Ceuta et soutient que le président connaissait les risques existants avant l'entrée massive.

"Il savait ce qui allait se passer, il n'a rien fait pour l'empêcher et encore aujourd'hui il montre son alliance et son attitude de larbin avec le régime du Maroc", a affirmé Abascal, qui lie ces accusations à l'initiative que Vox prévoit de porter au Congrès.

Vox a besoin du PP pour mettre en marche l'initiative

Le parti d'Abascal ne dispose pas à lui seul des députés nécessaires pour initier la procédure prévue spécifiquement pour une accusation de trahison ou pour des crimes contre la sécurité de l'État commis dans l'exercice des fonctions gouvernementales.

La Constitution exige que la proposition émane d'un quart des membres du Congrès. Dans une Chambre de 350 députés, cette exigence équivaut à 88 parlementaires, un chiffre que Vox n'atteint pas seul.

Une fois ce premier pas franchi, l'accusation doit également être approuvée par la majorité absolue du Congrès, c'est-à-dire au moins 176 votes. Le soutien du PP serait donc nécessaire pour la stratégie annoncée par Vox, bien qu'il ne garantirait pas à lui seul d'atteindre cette majorité.

Ce que stipule l'article 102 de la Constitution

L'article 102 régule la responsabilité criminelle du président du Gouvernement et des ministres pour des faits commis dans l'exercice de leurs fonctions. Dans ces cas, la compétence revient à la Salle Pénale du Tribunal Suprême.

La Constitution incorpore des exigences renforcées lorsque l'accusation se réfère spécifiquement à la trahison ou à un crime contre la sécurité de l'État. C'est dans ces cas qu'elle exige l'initiative d'un quart du Congrès et le soutien ultérieur de la majorité absolue.

Le précepte détermine également que la prérogative royale de grâce ne peut s'appliquer à aucun des cas de responsabilité criminelle énoncés dans cet article.

Vox avait déjà annoncé son offensive après la crise de Ceuta

La demande formulée maintenant au PP donne suite à une initiative que Vox avait avancée au début d'août. La formation avait alors annoncé qu'elle comptait utiliser l'article 102 pour que soient enquêtées les éventuelles responsabilités pénales du président et des membres de son gouvernement pour ce qui s'est passé à Ceuta.

Vox soutient que l'exécutif disposait d'informations préalables sur le risque d'une entrée massive et considère que sa réponse a été insuffisante. Le parti a utilisé ces circonstances pour fonder politiquement son accusation de "trahison".

L'existence d'alertes et de rapports préalables a été l'objet de controverses au cours des dernières semaines. Pedro Sánchez a reconnu ce lundi que le CNI avait élaboré des rapports de situation, bien qu'il soutienne qu'aucun n'ait anticipé la gravité et l'ampleur que la crise a finalement atteintes.

Abascal s'attaque à nouveau à la relation de Sánchez avec le Maroc

La position de Vox contraste avec l'explication fournie par Sánchez sur le rôle du Maroc. Le président du gouvernement a assuré ce lundi qu'il n'existe aucune information des Forces et Corps de Sécurité de l'État ou du CNI impliquant les autorités marocaines dans l'entrée massive.

Abascal maintient une interprétation opposée et accuse l'exécutif de maintenir une relation de subordination par rapport à Rabat. Cette évaluation fait partie de l'argumentation politique avec laquelle Vox entend justifier son initiative parlementaire.

Le prochain pas dépendra maintenant des soutiens que la formation obtiendra au Congrès. Sans atteindre les seuils établis dans la Constitution, la proposition ne pourrait prospérer jusqu'à une éventuelle exigence de responsabilité pénale devant la Cour suprême.