Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Volker Turk, a appelé ce mercredi les États-Unis à annuler les sanctions annoncées la veille contre la présidente de la Cour pénale internationale (CPI), Tomoko Akane, des mesures qu'il a qualifiées d'"inacceptables".
"Les nouvelles sanctions inacceptables imposées par les États-Unis contre la présidente de la CPI et un membre du Parquet doivent être levées", a indiqué l'organisme sur les réseaux sociaux en rapport avec la décision adoptée par l'administration Trump contre la magistrate japonaise et l'avocat sénégalais Abdoulaye Seye pour leur rôle dans les enquêtes initiées par la cour sur les crimes de guerre commis dans la bande de Gaza.
Turk a réitéré son appel à ce que les États "défendent les institutions qu'ils ont eux-mêmes créées pour veiller aux droits de l'homme et à l'état de droit", ainsi qu'à ce qu'ils "protègent" les personnes affectées par ces "représailles" de Washington.
D'autre part, le secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a exprimé sa "profonde préoccupation" concernant les sanctions communiquées contre Akane et Seye, qui s'étendent également à d'autres membres de la CPI : huit juges, deux procureurs adjoints et l'ancien procureur en chef Karim Jan.
Le diplomate portugais "respecte profondément le travail" de cette cour et la considère "comme un pilier fondamental de la justice pénale internationale", a indiqué son porte-parole, Stéphane Dujarric, dans un bref communiqué.
Le Département du Trésor des États-Unis a inclus ce mardi Akane et Seye dans sa "liste noire" pour avoir "participé directement aux initiatives de la CPI pour enquêter, arrêter, emprisonner ou poursuivre des fonctionnaires" de gouvernements qui n'ont pas ratifié le Statut de Rome, selon ce qu'a indiqué le Département d'État.
La CPI a émis en novembre 2024 des mandats d'arrêt contre le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, et l'ancien ministre de la Défense, Yoav Gallant, pour les présumés crimes de guerre et crimes contre l'humanité perpétrés dans le cadre de l'offensive militaire lancée plus d'un an auparavant sur la bande de Gaza.