L'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) a décidé d'incorporer la ville historique de Chersonèse, située sur la péninsule de Crimée, à sa liste de patrimoine mondial en danger. C'est ce qu'a rendu public le ministère des Affaires étrangères d'Ukraine, qui tient la Russie responsable de la détérioration que subit cette ancienne colonie d'origine grecque.
"Nous célébrons avec satisfaction cette décision. Le lieu, situé en Crimée ukrainienne qui est temporairement occupée par la Russie, est soumis à une menace constante et est en train d'être endommagé et détruit par les autorités d'occupation russes", a dénoncé le ministère des Affaires étrangères dans une brève note.
Selon les autorités ukrainiennes, la mesure adoptée par l'UNESCO sert à avertir la communauté internationale sur l'urgence de "renforcer la coopération pour prévenir le trafic illicite de biens culturels provenant de la Crimée temporairement occupée". Elles considèrent que l'enclave archéologique est particulièrement exposée aux spoliations et aux dommages irréversibles.
La ville ancienne de Chersonèse taurique et ses chôra, proche de Sébastopol, figure dans le catalogue du patrimoine mondial de l'UNESCO depuis juin 2013, étant un exemple représentatif de l'organisation de la vie quotidienne dans les colonies agricoles grecques entre les siècles V av. J.-C. et XIV apr. J.-C.
Le terme taurique était celui utilisé par les Grecs et les Romains pour désigner la péninsule de Crimée et fait référence aux taures, les peuples qui l'habitaient dans l'Antiquité. Pour sa part, les chôra décrivent les terres cultivées et l'environnement agricole qui s'étendaient autour du noyau urbain de la ville.