Le Gouvernement du Panama a décidé de convoquer son ambassadeur au Nicaragua, Eddy Davis Rodríguez, à la suite des récentes manifestations du président nicaraguayen, Daniel Ortega, considérées par Panama comme un "fort outrage" aux "principes, valeurs et droits" sur lesquels repose sa société.
Dans un communiqué officiel, le Ministère des Affaires Étrangères panaméen a souligné que "Le vote constitue le principal mécanisme par lequel les citoyens expriment librement leur volonté. Supprimer ce droit fondamental représente un fort outrage aux principes, valeurs et droits qui soutiennent nos sociétés".
Le même texte réaffirme "son engagement envers la démocratie, le respect de l'ordre constitutionnel, les libertés fondamentales, le pluralisme politique et la décision souveraine des peuples" et ajoute que "Le respect de la volonté populaire, exprimée par des élections libres, périodiques, transparentes et compétitives, est une condition essentielle pour la vigueur de la démocratie".
La diplomatie panaméenne a profité de l'occasion pour appeler à "respecter les droits civils et politiques, préserver la voie électorale et garantir les conditions nécessaires pour que toutes les voix puissent participer librement à la vie publique du pays".
Parallèlement, le secrétaire d'État des États-Unis, Marco Rubio, a souligné que les paroles d'Ortega "révèlent sa véritable nature autoritaire" et a demandé à la communauté internationale de répondre à cette situation.
Ortega a affirmé la veille qu'il n'y aura plus d'élections au Nicaragua, bien qu'il gouverne de manière continue depuis 2007, et a accusé l'opposition d'essayer de s'enrichir aux dépens du secteur public, ajoutant qu'il promouvra des normes pour renforcer sa continuité au pouvoir.
"Il faut faire en sorte que les lois leur mettent un mur, un bloc aux putschistes, aux traîtres à la patrie", a déclaré le secrétaire général du Front Sandiniste de Libération Nationale (FSLN), en référence à ses adversaires politiques, lors d'un discours pour le 47ème anniversaire de la victoire de la Révolution Sandiniste.
L'ancien guérillero, qui a participé au renversement de la dictature de la famille Somoza et a instauré un nouveau régime en 1979 inspiré par la guérilla cubaine, reste à la tête du pays d'Amérique centrale depuis son retour au pouvoir en 2007.