Les autorités de Tanzanie ont ordonné la suspension pendant six mois de la licence d'un journal indépendant pour avoir violé l'éthique journalistique, après avoir diffusé un reportage dans lequel il était affirmé que le vice-président, Emmanuel Nchimni, avait refusé de présenter sa démission après s'être distancié de la présidente, Samia Suluhu Hassan.
Selon l'organisme de régulation, le texte a été publié sans respecter l'obligation de vérifier correctement les données ni de maintenir l'équilibre entre les sources consultées. "Plusieurs lacunes dans le respect des normes journalistiques ont été détectées, notamment un manque de précision et de soin dans l'édition de la nouvelle", a-t-il indiqué.
La sanction, qui affecte à la fois l'édition imprimée et la version numérique du quotidien, a commencé à être appliquée ce mercredi, après une audience tenue le 7 août dernier au cours de laquelle le média a pu exposer les circonstances entourant l'élaboration et la diffusion de l'article, selon ce qu'a rapporté 'The Citizen'.
Cette mesure s'inscrit dans un contexte de durcissement de la pression gouvernementale en Tanzanie après les élections d'octobre, au cours desquelles la actuelle cheffe de l'État, Samia Suluhu Hassan, a été élue, des élections accompagnées de manifestations massives en raison de l'exclusion de figures clés de l'opposition.
Une commission dirigée par l'ancien juge Mohamed Chamed Othma a conclu qu'à la fin de 2025, plus de 500 personnes avaient perdu la vie en Tanzanie pour "causes non naturelles", principalement en raison de balles, dans le contexte des manifestations qui ont suivi les élections, qualifiées d'irrégulières par l'Union africaine.