Le 70,6% soutient de geler les loyers pendant deux ans et le 76,3% demande une intervention de l'État, selon le CIS de l'habitat.

Le baromètre du logement du CIS recueille un soutien majoritaire pour limiter les appartements touristiques et augmenter les impôts sur les grands propriétaires. 95,4 % défendent une réduction de la fiscalité de la première résidence et 85,7 % réclament plus de garanties pour les propriétaires face aux impayés.

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Le 70,6% de la population soutient le gel des prix des loyers pendant deux ans et le 76,3% considère que l'État doit intervenir sur le marché autant que nécessaire pour garantir l'accès au logement, selon le Baromètre du Logement 2026 du Centre de Recherches Sociologiques (CIS).

L'étude, élaborée à partir de 6.019 entretiens réalisés entre le 22 et le 30 juin, reflète une préoccupation étendue concernant la situation résidentielle : le 87% affirme qu'il s'inquiète beaucoup ou assez et le 41,6% assure que cela lui nuit personnellement.

Les réponses montrent un soutien majoritaire à différentes mesures d'intervention, mais aussi à réduire les impôts pour les acheteurs, mobiliser des terrains constructibles et renforcer la protection des propriétaires contre d'éventuels impayés.

Sept sur dix soutiennent le gel des loyers

Le gel des prix des loyers pendant deux ans bénéficie du soutien de 70,6% des personnes interrogées, contre 25,9% qui se prononcent contre.

Limitations des appartements touristiques suscitent également un soutien majoritaire, avec 75,6% en faveur, et augmenter les impôts pour les grands propriétaires ayant dix logements ou plus, mesure soutenue par 72%. Le rejet atteint 19,5% et 25,1%, respectivement.

En termes généraux, 79% considèrent que la politique du logement doit prioriser le droit au logement comme droit constitutionnel, tandis que 13,5% place en premier sa condition de bien de marché.

Interrogés sur l'intervention de l'État, 76,3% défendent que l'État agisse autant que nécessaire pour garantir l'accès de tous à un logement. Le 18,8% soutient qu'il ne doit pas interférer dans la loi de l'offre et de la demande.

Plus de logements publics et moins d'impôts pour la première acquisition

La construction de logements publics rassemble l'un des plus grands consensus du baromètre : 91,4% croient que les administrations devraient construire plus de logements publics, contre 6,7% qui répondent négativement.

83,1% soutiennent la récupération des logements publics vendus à des entreprises et 76,3% soutiennent la création d'une entreprise publique d'État pour le logement.

Le soutien le plus élevé parmi les mesures proposées correspond à réduire les impôts sur l'achat de la première maison, proposition qui obtient un 95,4% de soutien et un 3,2% de rejet.

De plus, 85,7% sont en faveur de donner plus de garanties aux propriétaires contre d'éventuels impayés et 84,3% soutiennent de mettre sur le marché des terrains constructibles.

La majorité rejette l'expropriation des logements vacants

Le soutien à l'intervention publique ne s'étend pas de la même manière à toutes les propositions. 54,3 % rejettent l'expropriation des logements vacants, tandis que 40 % se montrent en faveur.

L'expropriation de terrain pour construire des logements publics divise davantage les opinions : elle obtient un 49,9 % de soutien, contre un 43,6 % de rejet.

Concernant la répartition des compétences, 44,5 % considèrent que l'État devrait avoir plus de compétences pour améliorer l'accès au logement. Un 23,8 % désigne les municipalités et un 22,7 % les communautés autonomes.

Le prix freine l'indépendance résidentielle

Le baromètre recueille également les difficultés de ceux qui vivent avec des membres de leur famille ou dans une chambre d'un appartement partagé et ne prévoient pas de déménager dans un logement indépendant dans les douze prochains mois, ou ne concrétisent pas cette intention.

Au sein de ce groupe, 85,6 % indiquent que le prix d'achat est trop élevé par rapport à leurs revenus, 84,9 % mentionnent le coût du loyer et 77 % soulignent le manque d'argent pour l'apport ou le dépôt de garantie. La question permet de signaler plusieurs motifs.

La préférence pour la propriété est largement majoritaire : 93,5 % disent qu'ils préféreraient vivre dans un logement en propriété, contre 5,4 % qui opteraient pour la location. Cependant, seulement 18,4 % de l'ensemble des répondants ont des projets d'achat dans les deux prochaines années.

Parmi ceux qui ne sont pas propriétaires de leur résidence, préfèrent vivre en propriété et ne prévoient pas d'acheter dans ce délai, 80,7 % citent le manque d'argent pour l'apport et 71,3 % l'insuffisance des revenus pour faire face aux mensualités.

11,8 % ont dû revenir vivre avec leur famille ou partager un appartement

Interrogés sur leurs expériences des cinq dernières années, 11,8 % de l'ensemble des interviewés affirment qu'ils ont dû revenir vivre avec leur famille ou partager un appartement parce qu'ils ne pouvaient pas payer leur maison.

14,7 % assurent qu'ils ont dû déménager loin de leurs proches ou amis à cause du prix, 8,1 % ont changé de logement parce qu'ils ne pouvaient pas le payer et 18,5 % ont reçu une aide financière familiale pour faire face au loyer ou à l'hypothèque.

L'étude a une portée nationale et comprend la population résidente en Espagne âgée de 18 ans ou plus. Les entretiens ont été réalisés par téléphone et la fiche technique établit une erreur d'échantillonnage de ±1,3 points de pourcentage pour l'ensemble de l'échantillon, sous l'hypothèse d'un échantillonnage aléatoire simple.