Le ministre de l'Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, a défendu que l'Espagne dispose de moyens suffisants pour empêcher une nouvelle entrée massive de migrants à Ceuta comme celle enregistrée le 30 juillet dernier, et a minimisé le poids des manifestations provenant du Maroc sur la souveraineté des villes autonomes.
En particulier, il considère que les paroles du ministre de la Justice marocain, Abdellatif Ouahbi, qui a déclaré lors d'une interview ce mardi que la souveraineté de Ceuta et Melilla est une question "pendante", n'ont "aucun impact". "Nous continuons à nous accrocher à nos terres", a-t-il souligné.
Lors d'un acte célébré au siège de la Protection Civile, Marlaska a évité d'alimenter la controverse diplomatique et a préféré souligner la coopération avec le Maroc en matière de contrôle migratoire, de lutte contre le terrorisme et de combat contre la criminalité organisée, en soulignant qu'il s'agit d'un partenaire fiable tant pour l'Espagne que pour l'ensemble de l'Union Européenne.
Le titulaire de l'Intérieur a rappelé que la Commission Européenne a loué la coordination entre les deux pays pour procéder au retour des plus de 70.000 personnes qui ont traversé de manière irrégulière en un seul jour à Ceuta, dans ce qui a été la plus grande crise migratoire à laquelle l'Espagne a été confrontée.
Pour cela, Marlaska revient à minimiser l'importance des déclarations du responsable marocain : "Ces références pour moi n'ont aucun impact", a-t-il réitéré, insistant sur le fait que la coopération avec le pays voisin est "extraordinaire".
MONITORING DES RÉSEAUX ET SURVEILLANCE DES MOUVEMENTS
Dans cette ligne, il a souligné que l'Espagne est "préparée" à empêcher qu'une entrée massive se reproduise, face aux messages diffusés sur les réseaux sociaux dans le pays maghrébin appelant à reproduire une tentative similaire dans un avenir proche.
Selon ses explications, le Gouvernement "surveille les réseaux" et les différents canaux d'information, et maintient sous surveillance d'éventuelles mobilisations et déplacements de citoyens au Maroc pour anticiper toute nouvelle tentative de passage massif. Il a ajouté que Rabat partage des données opérationnelles et collabore avec "loyauté et confiance", en plus de mettre en œuvre des moyens pour protéger la frontière.
Le ministre a également réitéré qu'il "n'y a pas de place en Espagne" pour ceux qui tentent d'entrer de manière irrégulière "en violant la loi", les avertissant qu'ils ne seront pas transférés sur la péninsule ni n'auront accès à aucun type de protection.
À ceux qui prévoient de traverser vers Ceuta ou Melilla, un avertissement a été lancé : les mafias dédiées au trafic de personnes mettent gravement en danger leurs vies et, par conséquent, ce "n'est pas un chemin d'avenir mais avec une fin tragique" qui se terminera par leur renvoi au point de départ.