Les eurodéputées de Podemos, Irene Montero et Isa Serra, ont envoyé ce vendredi une lettre à la Commission européenne (CE) dans laquelle elles demandent une action "urgente" face à la crise que traverse Ceuta, la gestion "négligente" du gouvernement et les récents "attaques racistes" contre des personnes migrantes.
Dans la lettre, adressée à la présidente de la CE, Ursula von der Leyen, et aux commissaires européens Magnus Brunner, responsable des affaires intérieures et de la migration, et Hadja Lahbib, à la tête de l'égalité, de la préparation et de la gestion des crises et de l'aide humanitaire, les eurodéputées concentrent leurs critiques sur la manière dont l'exécutif aborde l'urgence, lui reprochant une "abandon de ses obligations" en matière de "protection et d'accueil" des migrants.
"La gravité de cette situation est inséparable de la gestion négligente de l'urgence par le gouvernement d'Espagne, contraire au plus basique principe de diligence raisonnable, et d'un inquiétant abandon de ses obligations de protection et d'accueil", ont-elles souligné dans la lettre.
Pour cette raison, Montero et Serra demandent à la Commission de "réaliser un suivi spécifique de la situation" et de veiller à ce que "la réponse espagnole soit pleinement compatible avec le droit de l'Union et avec les obligations internationales en matière de droits de l'homme".
Hostilité croissante à Ceuta
Les représentantes de Podemos transmettent également à Bruxelles "le climat d'hostilité et de haine" qui, selon elles, règne dans la ville autonome, avec "l'action de groupes d'extrême droite" qui "alimentent une escalade de violence et de harcèlement".
Dans ce contexte, elles détaillent le blocage du convoi de la Croix-Rouge effectué par de nombreux manifestants ce jeudi à Ceuta, ainsi que les altercations enregistrées sur la plage de Benítez, qui se sont terminées par des charges policières.
À la suite de ces événements, les eurodéputées demandent à la Commission de garantir la protection des "organisations, activistes et défenseurs et défenseuses des droits humains qui travaillent sur le terrain" et qui se trouvent dans une situation de "grave vulnérabilité".
De plus, Podemos informe dans la lettre des 16 agressions sexuelles comptabilisées depuis le début de la crise à Ceuta et presse l'exécutif communautaire de "renforcer immédiatement les mécanismes de prévention et de protection contre la violence sexuelle", ainsi que "l'identification et l'assistance des éventuelles victimes de traite".
Enfin, Montero et Serra demandent à la Commission d'enquêter sur la responsabilité du Maroc et "sa possible complicité" avec les États-Unis et Israël, et de promouvoir une "action diplomatique conséquente" avec la situation que traverse Ceuta.