Clés de la nouvelle réforme intégrale contre le blanchiment d'argent

La réforme, soumise à audience publique jusqu'au 30 avril prochain, suppose un renouvellement de tout le cadre de supervision et de résolution financière.

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Le Ministère de l'Économie, du Commerce et des Entreprises a profité du dernier Conseil des ministres avant août pour présenter le projet d'un important avant-projet de loi. La future norme vise à renouveler le système de prévention du blanchiment d'argent dans une réforme structurelle du système financier.

À quelle phase en est-on ? Audience publique, avec possibilité de présenter des observations jusqu'au 30 septembre prochain.

Et à partir de là ? Il doit continuer son traitement au sein du Gouvernement pour être approuvé en tant que projet de loi et être envoyé au Congrès pour commencer son traitement parlementaire.

Quelles sont ses principales nouveautés ?

Nouvelle autorité anti-blanchiment

Le Gouvernement envisage de créer l'Autorité Nationale de l'Intégrité Financière (ANIFI), une autorité administrative indépendante à partir de la transformation de l'actuel FROB.

Elle absorbera les fonctions actuellement exercées par le Sepblac pour intégrer sous un même parapluie l'intelligence financière, la supervision, l'inspection, le pouvoir sanctionnateur et le contrôle des sanctions financières internationales. De plus, l'ANIFI agira comme l'interlocuteur unique de l'Espagne auprès de la nouvelle autorité européenne anti-blanchiment (AMLA).

La nouvelle autorité ne dépendra pas des Budgets Généraux de l'État mais sera financée par une taxe imposée aux sujets obligés qui nécessitent une autorisation administrative pour opérer, principalement les entités financières et les opérateurs de jeux. La contribution sera calculée en fonction des dépenses de fonctionnement de l'ANIFI, avec un plafond maximum de 1,5 million d'euros par an par sujet.

Que se passe-t-il avec le FROB ?

En se transformant juridiquement en ANIFI, le FROB abandonne ses fonctions exécutives actuelles de résolution des banques et des entreprises de services d'investissement. Ces compétences passeront aux mains de la Banque d'Espagne et de la CNMV, respectivement. La logique du Gouvernement est de regrouper les phases préventive et exécutive d'une éventuelle résolution sous le même toit de supervision pour éviter les duplications et les inefficacités.

Et les participations dans Caixabank ?

L'avant-projet établit que BFA Tenedora de Acciones, la société par laquelle l'État gère sa participation dans CaixaBank, cessera de dépendre du FROB pour être directement rattachée au Ministère de l'Économie. Cette même société assumera également la titularité des actions de la Sareb, réorganisant ainsi la gestion du patrimoine d'État hérité de la crise financière.

Football sous contrôle

Les agents de football passent à être expressément inclus dans le radar anti-blanchiment, tout comme les clubs de football dans leurs opérations avec des investisseurs, des sponsors et des transferts de joueurs. C'est-à-dire que l'activité quotidienne du club ne sera pas soumise au régime anti-blanchiment, mais exclusivement à ceux flux économiques considérés comme sensibles.

Qui est derrière une entreprise

Les sociétés et structures juridiques équivalentes seront obligées de maintenir des informations adéquates, exactes et constamment mises à jour sur qui exerce leur contrôle réel. Dans cet écosystème, le Registre Central des Titularités Réelles assume une plus grande capacité de contrôle, d'inspection et de sanction. Le texte régule également l'accès à cette information sensible, fixant un tarif de 2 euros par consultation, réduit à 1 euro si l'accès est automatisé "machine à machine".

Nouvelles prohibitions et exigence de compétence

Toute personne condamnée pour blanchiment, financement du terrorisme ou d'autres délits sous-jacents spécifiques sera interdite d'exercer des activités de sujet obligé et ne pourra occuper des postes de direction ou d'administration tant que les délais d'annulation des antécédents criminels prévus à l'article 136 du Code Pénal ne se seront pas écoulés. Et si la condamnation survient alors que la personne exerce déjà le poste, la cessation sera automatique.

Cette restriction s'applique également à la propriété : les sociétés devront garantir que les personnes condamnées ne puissent exercer, ni directement ni indirectement, plus de 25 % des droits de vote ou du contrôle de la société.

Le projet de loi exige que tous les sujets obligés, des grandes banques aux professionnels indépendants, s'identifient formellement en désignant un représentant auprès de l'ANIFI. L'objectif est de créer, pour la première fois, un véritable recensement avec un point de contact clair pour chaque obligé.