‘Here we go!’: La réforme qui cherche à mettre de la lumière sur les affaires du football

Agents de footballeurs, opérations avec des investisseurs et sponsors seront soumis au contrôle de la future réglementation contre le blanchiment d'argent, selon ce que propose le Ministère de l'Économie dans son dernier avant-projet de loi.

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La grande bombe du marché des transferts d'été n'a pas été précédée d'un ‘Here we go’. Il n'y a pas eu de message du journaliste Fabrizio Romano sur X qui anticipait la réforme qui impactera le plus le football espagnol.

Le Gouvernement a soumis cet été à l'audience publique le projet d'une norme pour garantir la supervision des agents de footballeurs et de toute opération d'envergure dans le football professionnel, y compris les opérations avec des investisseurs, des sponsors et le transfert de joueurs.

Pourquoi est-ce si important? Les agents de footballeurs et les clubs professionnels entrent expressément dans le périmètre de supervision des normes contre le blanchiment d'argent en tant que sujets obligés.

Le changement légal fait partie d'un avant-projet plus large, un nouveau cadre intégral de la norme contre le blanchiment. Le Gouvernement en profite pour réorganiser la supervision de ces délits et, au passage, la résolution d'entités bancaires.

Quels changements cela apporte-t-il? Ce qui est actuellement le FROB (Fonds de Restructuration Ordonnée Bancaire), chargé de la résolution d'entités, devient l'Autorité Nationale d'Intégrité Financière (ANIFI), en tant qu'autorité administratrice indépendante, et commence à développer les fonctions actuellement exercées par le Sepblac : supervision, inspection et pouvoir sanctionnateur dans ce domaine.

Quel est l'état de la réforme? Elle n'a même pas été envoyée au Congrès. Le Gouvernement a présenté à la fin juillet un premier projet, qui peut recevoir des contributions jusqu'au 30 septembre prochain. Elle peut encore subir des changements avant d'être envoyée comme projet de loi aux Cortes, où elle pourra également être modifiée, d'abord au Congrès puis au Sénat.

Comment la réforme affecte-t-elle le monde du football?

La réforme dépend du Règlement européen 2024/1624, impulsé après avoir identifié comme facteurs de risque les grandes quantités d'argent et la complexité de certaines structures de propriété ou des opérations de transfert et de sponsoring.

Le Règlement souligne particulièrement les transferts de joueurs et les opérations avec des investisseurs et des sponsors, y compris les annonceurs. Toutes ces opérations seront soumises à la supervision de l'Administration et aux normes contre le blanchiment d'argent.

Qu'est-ce que cela implique? Que les clubs et les agents seront obligés d'appliquer des contrôles et de rendre compte lorsque des indicateurs de risque apparaissent.

Plus de transparence. Les clubs devront appliquer des contrôles sur l'identité et la titularité réelle des nouveaux investisseurs qui entreront dans l'actionnariat, ou appliquer les obligations préventives correspondantes en cas de transfert.

Contrôle de l'ANIFI. Étant inclus dans le périmètre de la loi, la nouvelle autorité pourra initier des inspections, demander des informations et, en cas de démonstration de manquements, imposer des sanctions.

Ce qui change pour les agents de footballeurs

Le projet de loi les inclut comme sujets obligés dans la future réglementation anti-blanchiment. Cela les obligera à identifier leurs clients et à connaître qui est réellement derrière les opérations, établir des procédures internes de prévention et communiquer des opérations suspectes.

Les agents ne seront plus uniquement soumis aux règles sportives ou contractuelles de la FIFA, des fédérations nationales ou des ligues pour entrer dans la supervision de la nouvelle autorité contre le blanchiment de capitaux.

En fait, ils devront avoir un responsable de la conformité réglementaire et un représentant en la matière auprès de la future ANIFI.

Ce qui change pour les clubs

Contrairement aux agents, la proposition du Gouvernement n'est pas de soumettre à supervision toute leur activité mais bien celles qui déplacent de grands flux d'argent et favorisent l'apparition d'intermédiaires, de structures sociétaires ou qui ont des composants transfrontaliers.

Quelles opérations sont concernées ? Celles avec des investisseurs, des sponsors, des agents de football ou des intermédiaires et celles liées au transfert de joueurs.

Pas tous les clubs. Le règlement européen permet d'exempter totalement ou partiellement des clubs de la première catégorie qui n'atteignent pas un chiffre d'affaires de 5 millions d'euros au cours des deux années précédentes, tant qu'il est prouvé qu'il n'existe pas de risque. Il permet également d'exempter des catégories inférieures en fonction du risque perçu.

Quand commencerait à s'appliquer la norme ?

Le règlement européen, qui établit le régime général de supervision, commencera à s'appliquer le 10 juillet 2027, mais ce qui concerne les agents et les clubs de football professionnel est reporté à juillet 2029.

Cependant, la proposition actuelle du Gouvernement ne prévoit pas ce retard en ce qui concerne les clubs de football, dont les obligations, si elles sont approuvées dans les termes proposés par l'Exécutif, entreraient en vigueur en juillet 2027.