Les zones à faibles émissions devront prouver l’existence de contrôles et de sanctions effectifs : qu’est-ce qui change le 26 novembre

Le Gouvernement exige des municipalités de démontrer que les restrictions sont en vigueur, qu’il existe des systèmes d’exploitation de surveillance et que les amendes sont appliquées. Les municipalités qui n’enverront que des avis ne pourront pas attester de la correcte mise en œuvre de leurs ZBE. La réforme n’établit pas de nouvelles interdictions nationales pour les véhicules portant des vignettes B ou C.

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Le 26 novembre prochain entrera en vigueur une nouvelle exigence de l’État pour les zones à faibles émissions (ZFE) : les municipalités devront démontrer qu’elles fonctionnent réellement et que les restrictions prévues dans leurs arrêtés ont des effets concrets. Le Gouvernement veut fermer la porte aux modèles qui se limitent à délimiter un périmètre urbain, à installer une signalisation ou à envoyer des avertissements aux conducteurs sans appliquer le régime de sanctions correspondant.

L’obligation est prévue dans le Décret royal 953/2026, du 4 novembre, publié au Journal officiel de l’État (BOE) le 6 novembre dernier. La norme modifie l’article 10.3 du Décret royal 1052/2022, qui régit les zones à faibles émissions, et intègre de nouvelles conditions pour en attester la mise en œuvre correcte. Les communes devront transmettre les documents justificatifs à la fois à l’organe compétent en matière de qualité de l’air du Ministère pour la Transition écologique et à l’autorité environnementale autonome.

La conséquence de ne pas le faire est claire : tant que les administrations compétentes n’auront pas reçu ces documents, la ZFE ne sera pas considérée comme correctement mise en œuvre, selon ce qu’établit expressément la nouvelle rédaction.

La réforme introduit ainsi une différence entre disposer d’une zone approuvée sur le papier et démontrer que ses restrictions s’appliquent dans la pratique. Le changement, toutefois, ne signifie pas que toutes les municipalités doivent commencer à verbaliser le même jour ni n’introduit une interdiction générale pour les véhicules portant les badges environnementaux B ou C. Les conditions d’accès, de circulation et de stationnement continuent de dépendre de la réglementation municipale de chaque zone.

Cinq preuves pour attester du fonctionnement des ZFE

La nouvelle rédaction de l’article 10.3 établit cinq éléments que les entités locales devront attester auprès des administrations compétentes.

1. Le premier est l’existence d’une réglementation municipale en vigueur qui régule la zone à faibles émissions. Les municipalités devront transmettre l’arrêté correspondant dans un délai d’un mois à compter de son entrée en vigueur.

2. Le deuxième critère concerne directement les restrictions que doivent respecter les véhicules. Les municipalités devront fournir une documentation démontrant que les interdictions ou limitations d’accès, de circulation et de stationnement prévues en fonction du potentiel polluant de chaque véhicule sont effectivement entrées en vigueur. Il ne suffira donc pas que ces restrictions figurent dans une ordonnance ou dans un calendrier de mise en œuvre si elles ne s’appliquent encore pas.

3. En troisième lieu, les administrations locales devront démontrer qu’elles disposent d’un système efficace de contrôle des accès, de surveillance et de suivi. L’exigence vise à garantir que les restrictions peuvent être vérifiées dans la pratique et que les municipalités disposent d’instruments pour identifier les véhicules qui accèdent aux zones réglementées et vérifier s’ils respectent les conditions établies.

4. Le quatrième élément introduit une obligation de connexion avec les systèmes d’information de l’État. Les ZBE devront être intégrées avec le Point d’Accès National au Trafic et à la Mobilité de la Direction Générale de la Circulation (DGT). Cette intégration vise à faciliter la disponibilité et la coordination des informations relatives aux zones à faibles émissions et aux conditions qui y régissent la circulation.

5. Le cinquième critère constitue l’un des principaux changements de la réforme : les mairies devront démontrer la mise en œuvre effective du régime de sanctions. Le texte exclut expressément tout système transitoire d’avertissements qui aurait été envisagé auparavant. Par conséquent, il ne suffira pas d’informer les conducteurs qu’ils ont accédé indûment à une zone restreinte si la municipalité n’applique pas encore les sanctions prévues.

L’objectif de l’Exécutif est d’éviter que les moratoires municipaux prolongent indéfiniment l’application réelle des restrictions. Une ZBE doit disposer de mécanismes permettant de faire respecter ses propres règles et ne pas se limiter à avertir ceux qui ne les respectent pas.

Qu’est-ce qui change pour les conducteurs et quelles restrictions restent en vigueur

L’entrée en vigueur du décret peut susciter des doutes parmi les conducteurs, en particulier parmi ceux qui utilisent des véhicules portant des distinctions environnementales B et C. Toutefois, la réforme n’établit pas une nouvelle interdiction étatique de circulation pour ces catégories et ne fixe pas un calendrier uniforme de restrictions pour l’ensemble du territoire. La portée des limitations continue de dépendre de chaque ordonnance municipale. Ce sont les municipalités qui déterminent quels véhicules peuvent accéder, circuler ou stationner dans leurs zones respectives, ainsi que les horaires, les exceptions et les conditions pour obtenir des autorisations.

C’est pourquoi, le 26 novembre ne signifie pas que toutes les villes vont automatiquement activer de nouvelles amendes ou modifier les conditions d’accès. La date marque l’entrée en vigueur des nouvelles exigences de l’État afin d’attester de la mise en œuvre effective des ZBE. L’application concrète des restrictions et du régime de sanction dépendra de la réglementation en vigueur dans chaque municipalité. Pour vérifier si un véhicule peut entrer dans une zone déterminée, la référence doit toujours être l’information officielle de la municipalité concernée et son ordonnance en vigueur. Le conducteur doit consulter, en particulier, le périmètre concerné, les rues incluses, les distinctions environnementales admises, les jours et horaires d’application et les éventuelles exceptions.

Il convient également de vérifier s’il existe des autorisations spéciales pour les résidents, les commerçants, les véhicules de services ou les personnes à mobilité réduite, ainsi que s’il est nécessaire d’effectuer une démarche préalable pour en bénéficier. Les conditions peuvent varier considérablement d’une municipalité à l’autre, de sorte qu’il ne suffit pas de connaître les restrictions de la ville de départ.

Le Gouvernement cherche à en finir avec les moratoires sans application effective

La modification normative répond à la préoccupation de l’Exécutif face aux différences entre la mise en place formelle des zones à faibles émissions et leur fonctionnement réel. Le ministère pour la Transition écologique avait déjà signalé l’existence de moratoires sanctionnateurs excessivement prolongés et de zones dans lesquelles les restrictions n’étaient pas appliquées de manière effective. Le nouveau cadre vise à renforcer le respect des obligations municipales et à éviter que les ZBE ne se réduisent à un découpage administratif sans capacité réelle pour conditionner la circulation des véhicules les plus polluants.

La réforme maintient, en outre, les obligations d’information et de suivi qui incombaient déjà aux entités locales. Parmi elles figurent la communication du périmètre et de la superficie de la zone, les mesures adoptées, son calendrier de mise en œuvre et les résultats des indicateurs obligatoires de suivi. La documentation devra permettre aux administrations compétentes de vérifier non seulement qu’il existe une réglementation municipale, mais aussi que les instruments prévus pour réduire les émissions sont opérationnels.

Le changement de fond est que le Gouvernement exige de passer des ZBE déclarées aux ZBE effectives. Les municipalités devront démontrer que leurs restrictions s’appliquent, que les accès sont contrôlés et que les infractions ont des conséquences. Pour les conducteurs, entre-temps, la règle reste de consulter la réglementation municipale : le nouveau décret durcit les obligations des administrations, mais ne transforme pas les restrictions locales en une interdiction générale pour certains insignes environnementaux.