Peuvent-ils renvoyer au Maroc les migrants de Ceuta ? Que se passe-t-il dans chaque cas

L'entrée irrégulière ne confère pas automatiquement le droit de rester en Espagne, mais la réponse change s'il s'agit d'un adulte, d'un demandeur d'asile, d'un mineur ou d'une possible victime de traite.

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Pas tous les migrants qui restent à Ceuta peuvent être renvoyés au Maroc par la même procédure. La législation fait la distinction entre ceux qui se trouvent irrégulièrement en Espagne, ceux qui demandent une protection internationale, les mineurs non accompagnés et les personnes présentant des indices de traite ou une vulnérabilité particulière.

La Commission européenne a insisté sur le fait que les personnes qui n'ont pas le droit de rester en Espagne doivent être renvoyées, mais elle rappelle également que les procédures doivent respecter les garanties européennes et la protection spécifique des mineurs.

Adulte qui est entré irrégulièrement et ne demande pas d'asile

La Loi sur l'immigration permet de convenir du renvoi de ceux qui tentent d'entrer illégalement en Espagne sans avoir besoin de traiter un dossier ordinaire d'expulsion.

Le renvoi doit être convenu par l'autorité compétente et, s'il ne peut être exécuté dans les 72 premières heures et qu'il est prévu d'internement de la personne, une autorisation judiciaire est nécessaire.

Il n'existe donc pas d'autorisation automatique pour rester en Espagne simplement parce qu'on a réussi à entrer à Ceuta.

Si vous demandez l'asile

La situation change dès qu'une personne formalise une demande de protection internationale.

La Loi sur l'asile stipule que elle ne pourra pas faire l'objet de renvoi, de retour ou d'expulsion tant que sa demande ou son admission à la procédure n'est pas décidée.

L'entrée irrégulière ne peut pas non plus être sanctionnée en soi lorsque la personne qui l'a réalisée remplit les conditions pour obtenir une protection internationale.

Cela ne signifie pas que demander l'asile garantit de pouvoir rester. Si la demande est déclarée irrecevable ou finalement rejetée et qu'il n'existe pas d'autre titre de séjour, la personne peut être soumise à une procédure de sortie ou de renvoi.

Si c'est un mineur et qu'il est seul

Un mineur non accompagné ne suit pas la même procédure qu'un adulte.

Une fois sa minorité d'âge confirmée, il doit être mis à la disposition des services de protection. Sa résidence est considérée comme régulière tant qu'il est sous tutelle d'une Administration publique.

Espagne peut effectivement initier ultérieurement une rapatriement, mais elle doit d'abord enquêter sur sa situation familiale et déterminer que le retour répond à son intérêt supérieur.

Il n'est pas légalement possible de traiter ces mineurs comme un groupe homogène et de les renvoyer sans analyser chaque cas.

Si des indices de traite existent

Le Règlement sur l'immigration introduit une autre exception.

Un retour ne doit pas être exécuté lorsque l'on constate que la personne peut être victime de traite, de la même manière qu'il doit être suspendu si elle formule une demande de protection internationale ou s'il existe des indices qu'il peut s'agir d'un mineur non accompagné.

L'Administration doit alors activer les mécanismes spécifiques d'identification et de protection.

Et voyager de Ceuta à la Péninsule ?

Être physiquement à Ceuta n'implique pas automatiquement de pouvoir se déplacer librement vers n'importe quel point d'Espagne pendant que la situation administrative est résolue.

La possibilité de transfert dépend de la documentation, de la procédure dans laquelle se trouve la personne et, dans le cas des mineurs sous tutelle, des décisions des administrations compétentes.

Précisément, le Gouvernement prépare maintenant des mécanismes spécifiques pour transférer des mineurs de Ceuta vers des ressources de protection de la Péninsule.

Retour et "retour en chaud" ne sont pas exactement la même chose

Le terme "retour en chaud" est souvent utilisé pour se référer juridiquement au rejet à la frontière prévu spécifiquement pour Ceuta et Melilla.

La Loi sur l'immigration permet de rejeter les personnes détectées sur la ligne frontalière alors qu'elles tentent de surmonter les éléments de contention pour empêcher leur entrée irrégulière. La norme elle-même oblige à respecter les droits humains et la protection internationale.

Ce cas ne doit pas être confondu avec la situation de milliers de personnes qui se trouvent déjà à Ceuta depuis des semaines. Pour ces dernières, les procédures administratives correspondant à leur situation individuelle doivent être appliquées.