Le président de Turquie, Recep Tayyip Erdogan, a appelé ce mercredi les autorités grecques à "changer de cap" et à mettre fin à ce qu'il qualifie de "militarisation des îles de l'Égée". En même temps, il a souligné que l'attitude "calme et rationnelle" d'Ankara ne doit pas être vue comme un signe de "faiblesse".
Lors d'une conversation avec des journalistes à bord de l'avion présidentiel, lors de son voyage de retour de Bichkek, capitale du Kirghizistan, après avoir participé au sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai, Erdogan a réaffirmé que la Turquie "n'a pas d'ambitions territoriales" mais "ne permettra pas que ses droits soient violés".
"La Turquie n'a pas d'ambitions concernant le territoire de quiconque, mais ne permettra pas à quiconque de violer ses droits", a réitéré le chef de l'État, qui a exhorté Athènes à abandonner ce qu'il considère comme un "mauvais chemin" et à "respecter les traités internationaux" en vigueur.
Dans ce sens, il a averti que "ignorer et violer les traités internationaux ne profite à personne" et a insisté sur le fait que "quiconque interprète l'attitude sereine et rationnelle de la Turquie comme une faiblesse commet une grave erreur". Selon ce qu'il a ajouté, Ankara met en œuvre "tout ce qui est nécessaire pour promouvoir les relations gréco-turques sur la base du bon voisinage".
"Nous avons été la partie constructive", a défendu Erdogan. "Cependant, la plupart du temps, nous n'avons pas vu de réponse réciproque à nos bonnes intentions", a-t-il souligné, en remarquant que les îles en litige doivent conserver leur actuel "statut" en tant que "territoire démilitarisé".
Les autorités grecques, d'autre part, ont rejeté à plusieurs reprises la lecture turque des accords internationaux et soutiennent que ceux-ci n'imposent pas une démilitarisation générale des îles de l'Égée. De plus, elles soulignent la nécessité de "conserver le droit de défendre leur propre territoire conformément au droit international".