Au moins quinze personnes ont perdu la vie et sept autres ont été blessées dans une attaque par drones attribuée aux forces paramilitaires des Forces de Soutien Rapide (RSF) dans le sud d'El Obeid, capitale de l'État soudanais du Kordofan Nord, une ville stratégique soumise à des affrontements intenses ces dernières semaines.
Dans un communiqué officiel recueilli par le journal local "Sudan Tribune", le gouvernement soudanais a condamné l'attaque des forces paramilitaires contre "des civils désarmés", la qualifiant de "flagrante violation du droit humanitaire et des normes de base". De plus, Jamaa Al Mahdi, porte-parole du gouvernement du Kordofan Nord, a déclaré que les agresseurs visaient la mort de civils et le pillage de "plusieurs animaux".
Les autorités ont indiqué que l'armée a réagi immédiatement pour poursuivre les attaquants et a ensuite assuré le contrôle complet de la zone, tandis que les opérations pour repousser les forces militaires de la capitale du Kordofan Nord se poursuivent.
Une source militaire sur le terrain a signalé, selon l'agence de presse chinoise "Xinhua", que la zone berbère a été la cible de deux offensives consécutives, une jeudi soir et une autre tôt vendredi matin. Ces attaques, lancées par les forces de RSF, visaient "contre 15 véhicules de combat de l'armée qui tentaient de s'emparer de la zone", a-t-il ajouté.
Ce épisode s'inscrit dans l'escalade des opérations militaires dans la région du Kordofan, où les RSF ont intensifié leur activité ces dernières semaines.
El Obeid, avec environ un demi-million de résidents, est également devenu un refuge pour environ 100.000 personnes déplacées d'autres parties du pays, selon des données des Nations Unies.
Le conflit au Soudan a éclaté en avril 2023 en raison des profondes divergences sur le processus d'intégration du groupe paramilitaire au sein des Forces Armées, ce qui a fini par faire dérailler la transition amorcée après le renversement en 2019 du régime d'Omar Hasán al Bashir, déjà affaibli après le coup d'État qui a forcé la chute de l'ancien Premier ministre, Abdalá Hamdok.