Combien d'argent resterait réellement dans la paie si le programme économique de Vox était appliqué ? Une calculatrice qui a commencé à circuler sur internet tente de répondre à cette question en comparant la fiscalité en vigueur en 2026 avec certaines des principales mesures fiscales défendues par le parti de Santiago Abascal. L'outil, baptisé "Simulateur de salaire VOX", permet d'introduire le salaire brut annuel, le nombre de paiements, le type de contrat et la situation familiale pour obtenir une estimation de combien la rente nette disponible varierait. Il incorpore également une section spécifique pour les travailleurs indépendants.
Il y a, cependant, une précision importante avant de l'utiliser : il ne s'agit pas d'une calculatrice officielle de Vox ni n'est élaborée par le parti. Ses responsables expliquent que c'est un outil indépendant à des fins d'information et que ses résultats sont indicatifs. Pour construire les simulations, il utilise comme document principal le programme économique et de logement présenté par Vox en 2025, mais incorpore également des propositions fiscales défendues par la formation dans des initiatives parlementaires et des programmes antérieurs.
Un salaire de 30.000 euros : 359 euros de plus par mois selon le simulateur
L'exemple qui permet le mieux de comprendre son fonctionnement est celui d'une personne sans enfants, avec un contrat à durée indéterminée et un salaire brut de 30.000 euros annuels en 12 paiements. Selon les calculs de l'outil, avec la réglementation actuelle, elle percevrait environ 1.927 euros nets mensuels, équivalents à 23.124 euros par an après déduction de l'IRPF et des cotisations à la Sécurité Sociale.
Avec la réforme attribuée à Vox, le résultat s'élèverait à 2.286,88 euros nets par mois, soit environ 27.443 euros annuels. La différence serait de 359,88 euros mensuels et 4.319 euros par an, une augmentation de 18,7 % du salaire net calculé par la page. La Sécurité Sociale resterait dans cet exemple à 1.950 euros annuels et pratiquement toute la variation viendrait de l'IRPF : l'outil estime qu'il passerait de 4.926 euros par an à 607,50.
Ce résultat ne signifie pas que tout travailleur va économiser 359 euros par mois. Le chiffre dépend du salaire, des enfants, des circonstances personnelles et des déductions introduites. Cela ne suppose pas non plus une augmentation salariale payée par l'entreprise : le salaire brut resterait le même, mais la quantité disponible après impôts augmenterait selon les hypothèses fiscales utilisées par le simulateur.
Voici l'IRPF que propose Vox
La principale raison de la différence réside dans la profonde réforme de l'IRPF proposée par Vox. Son programme économique propose d'établir un minimum exonéré de 22.000 euros, un premier tranche jusqu'à 70.000 euros soumis à un taux de 15% et un second, pour les montants qui dépassent ce niveau, de 25%. Il propose également de réduire de quatre points de pourcentage le taux applicable par chaque descendant. Ces mesures apparaissent effectivement dans les documents économiques du parti.
Vox estime que seule cette réforme de l'impôt sur le revenu aurait un coût de collecte approximatif de 40.000 millions d'euros. Le parti lie sa proposition fiscale à une réduction parallèle des dépenses publiques qu'il considère improductives, en plus d'une simplification de l'administration et de l'élimination ou réduction de certaines structures et subventions.
C'est précisément ici que se manifeste l'une des principales limitations du simulateur. L'outil permet de calculer combien pourrait être réduite la facture fiscale individuelle, mais ne quantifie pas quelles seraient les conséquences de la réduction des revenus publics ni quelles lignes budgétaires concrètes devraient être coupées pour la compenser. Par conséquent, l'augmentation du revenu disponible affichée à l'écran ne représente pas à elle seule l'effet économique complet du programme.
Il calcule également l'effet d'avoir des enfants
La situation familiale peut modifier considérablement le résultat. Vox propose que le taux correspondant de l'IRPF soit réduit de quatre points de pourcentage par chaque descendant. Autrement dit, les familles avec enfants bénéficieraient d'une réduction supplémentaire sur les taux généraux prévus par la formation.
Le simulateur permet d'indiquer combien d'enfants a le contribuable, combien ont moins de trois ans et si les descendants comptent également pour l'autre parent. De plus, il intègre d'autres hypothèses comme la déduction pour maternité et certaines propositions défendues par Vox pour les dépenses scolaires, les gardiens, les employés de maison, le loyer ou les intérêts hypothécaires. Toutes ne proviennent pas exactement du même document programmatique : les créateurs de la calculatrice ont combiné des mesures du programme économique le plus récent avec des initiatives et programmes antérieurs de la formation.
Pour cela, deux travailleurs avec le même salaire peuvent obtenir des résultats très différents. Les économies que montre la calculatrice augmentent ou diminuent selon la composition familiale et les circonstances introduites, de sorte que les plus de 300 euros mensuels de l'exemple de 30.000 euros ne doivent pas être utilisés comme un chiffre général pour tous les contribuables.
De la TVA de 21% à 18%
Le programme économique de Vox ne se limite pas à l'IRPF. La formation propose de réduire la TVA générale de 21% à 18% et le taux réduit de 10% à 8%, en plus d'appliquer des taux inférieurs ou de 0% à certains produits de base. Le parti lui-même estime à environ 14.000 millions d'euros le coût de la réduction des deux principaux taux de la TVA.
Il propose également de baisser l'Impôt sur les Sociétés jusqu'à 15%, d'éliminer la cotisation des travailleurs indépendants pour ceux qui gagnent moins que le salaire minimum et d'appliquer d'autres réductions fiscales sur les fournitures ou certains produits. Dans le cas de l'Impôt sur les Sociétés, Vox estime un impact de recettes additionnelles proche de 10.000 millions d'euros.
La calculatrice intègre certaines de ces mesures pour offrir une estimation plus large des économies, bien que la partie la plus visible soit la comparaison de la paie. Réduire la TVA, par exemple, n'augmenterait pas directement le revenu qui apparaît sur une paie, mais pourrait diminuer l'impôt payé lors de la consommation de certains biens et services.
Le simulateur inclut également les travailleurs indépendants
La page permet de passer du profil de travailleur salarié à celui de travailleur indépendant. Dans ce cas, elle demande des données telles que les revenus, les dépenses mensuelles de l'activité et si le travailleur se trouve dans le régime forfaitaire. La comparaison intègre la proposition de Vox d'éliminer la cotisation pour les travailleurs indépendants dont les revenus n'atteignent pas le salaire minimum.
La formation a également défendu des bonifications sur les cotisations pour la création d'emplois et des changements dans les délais de paiement de l'IRPF et de la TVA. Encore une fois, le chiffre obtenu dépend des hypothèses introduites et doit être interprété comme une simulation, non comme une prévision exacte de ce qu'un travailleur indépendant gagnerait si le programme venait à être appliqué.
Une simulation, pas une paie future garantie
...La calculatrice s'avère utile pour visualiser l'ampleur de la proposition fiscale, mais il existe plusieurs raisons pour lesquelles le chiffre final ne peut pas être considéré comme une paie future garantie. Tout d'abord, les mesures de Vox devraient être approuvées légalement et leur rédaction définitive pourrait différer de celle incluse dans les programmes. De plus, l'IRPF dépend de nombreuses circonstances personnelles et territoriales qu'un outil simplifié ne peut pas toujours reproduire complètement.
Le simulateur lui-même fonctionne avec un scénario de un seul payeur, sans autres revenus et sans déductions autonomiques dans son exemple standard. Il ne calcule pas non plus les effets macroéconomiques ou budgétaires découlant d'une réduction de dizaines de milliards dans les recettes ni les conséquences des mesures de réduction des dépenses que Vox propose comme contrepartie.
La principale utilité de l'outil réside donc dans le fait de permettre à chaque utilisateur d'introduire ses circonstances et de voir comment les réductions d'impôts proposées par Vox se traduiraient sur le papier. Dans l'exemple d'un salarié de 30 000 euros sans enfants, la réponse est particulièrement frappante : presque 360 euros nets de plus par mois. Mais ce chiffre provient d'une simulation indépendante basée sur le programme du parti et non d'une mesure approuvée ni d'un calcul officiel de l'Agence Tributaria.