Des experts en migration demandent à l'Espagne d'améliorer le contrôle des frontières et de réclamer un soutien européen clair

L'IEAM urge l'Espagne à renforcer sa gestion frontalière à Ceuta et Melilla et à exiger un soutien européen clair face aux futures crises migratoires.

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L'Institut Espagnol d'Analyse Migratoire (IEAM) a réclamé que l'Espagne renforce sa capacité de gestion aux frontières après la récente crise migratoire enregistrée à Ceuta et qu'elle demande également un "soutien européen clair" face à la situation que rencontrent les villes autonomes.

"Ceuta et Melilla sont un territoire espagnol et une frontière extérieure de l'Union Européenne (UE) et leur protection ne peut pas être considérée comme une responsabilité exclusivement nationale", a souligné l'organisme dans un communiqué dans lequel il insiste sur la dimension communautaire du problème.

"Chaque pays agissant de manière autonome facilite l'exploitation des divisions européennes par des États tiers. S'il était prouvé qu'un pays utilise délibérément les mouvements migratoires pour faire pression sur un État membre, la réponse devrait être européenne", ont souligné, réclamant une stratégie commune.

Dans cette note, l'IEAM formule plusieurs propositions que, selon eux, le Gouvernement devrait adopter pour faire face à ce qu'ils qualifient de plus grande crise migratoire de son histoire. À cet égard, ils rappellent qu'une frontière doit être "juridiquement garantiste, mais aussi opérationnellement fonctionnelle", combinant respect de la légalité et efficacité.

En même temps, ils pressent l'Exécutif d'ouvrir une "enquête détaillée sur la séquence des événements". "Il faut savoir quand les convocations ont été détectées, quelles informations ont été partagées entre l'Espagne et le Maroc, quelles décisions ont été prises et à quel moment les dispositifs ont été débordés", ont précisé, réclamant de la clarté sur ce qui s'est passé.

Mécanisme permanent d'alerte précoce

L'organisme indépendant considère également que l'Espagne doit concevoir un mécanisme stable d'"alerte précoce" spécifique pour Ceuta et Melilla. Face à des signes d'une nouvelle crise, comme des concentrations de jeunes ou des variations dans les déploiements frontaliers, "des renforts et des contacts politiques doivent être automatiquement activés", soulignent-ils.

Depuis l'IEAM, ils jugent également "indispensable" d'augmenter l'investissement direct sur le terrain. "La coopération migratoire ne peut pas consister uniquement à financer des véhicules, des caméras, des clôtures et des forces de sécurité". Pour cela, ils exhortent le Gouvernement et l'UE à "investir dans des mesures à long terme, l'emploi des jeunes, l'éducation, le développement territorial et la mobilité légale au Maroc et dans d'autres pays d'origine et de transit", afin de s'attaquer aux causes profondes.

En parallèle, ils se demandent ce qui se serait passé si "des dizaines de milliers de personnes avaient procédé de pays subsahariens avec lesquels l'Espagne ne dispose pas de mécanismes opérationnels de réadmission", avertissant que la situation "aurait été beaucoup plus difficile à gérer" et aurait provoqué une "saturation prolongée de Ceuta, Melilla et du système d'accueil péninsulaire" jusqu'à déboucher sur un "blocage de procédures qui pourraient durer des mois ou des années".

"Il ne suffit pas de renforcer la frontière une fois que le mouvement a déjà commencé. La principale leçon de Ceuta est que l'anticipation est plus efficace, plus sûre et plus humaine que la gestion d'une crise consommée", ont souligné, défendant la prévention comme outil clé.

Enfin, l'IEAM avertit que recourir à la "frustration" de milliers de jeunes comme "instrument politique" implique de mettre en danger leurs vies et de les transformer en "moyens de pression". "Le respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de l'Espagne est aussi une question de souveraineté et d'intégrité territoriale européenne", a conclu le communiqué, réclamant une réponse ferme et coordonnée.

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