Qu'est-ce que le CENIF, l'unité policière après le rapport sur Ceuta et le Maroc

Le Centre National de l'Immigration et des Frontières dépend de la Commissariat Général des Étrangers et des Frontières et a attribué le renseignement criminel en matière migratoire. L'Intérieur soutient maintenant que le document envoyé à l'Audience Nationale n'attribue pas à Maroc la planification ou l'exécution de l'entrée massive.

4 minutes

fotonoticia 20260902144015 1920
Ajouter DÉMOCRAT sur Google

Publié

Dernière mise à jour

4 minutes

Le CENIF, acronyme du Centre National de l'Immigration et des Frontières, est passé d'une unité peu connue de la Police Nationale à occuper le centre de la polémique sur la crise migratoire de Ceuta. Cet organisme a élaboré le rapport envoyé à l'Audience Nationale sur les événements des 30 et 31 juillet, dont le contenu a provoqué un échange de versions sur la possible intervention d'agents marocains.

Le ministre de l'Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, a demandé ce mercredi des explications au directeur général de la Police, Francisco Pardo, après que plusieurs médias aient publié qu'un rapport policier désignait des forces de sécurité du Maroc pour avoir guidé l'entrée massive de migrants à Ceuta.

Des heures plus tard, le Ministère de l'Intérieur a diffusé une version différente. Selon ce que Pardo a transmis au ministre, "il n'existe aucun rapport policier attribuant aux Forces de Sécurité marocaines la planification ou l'exécution" de ce qui s'est passé les 30 et 31 juillet. L'Intérieur a également expliqué que la documentation était sous secret par décision judiciaire et que la juge de l'Audience Nationale María Tardón a autorisé ce mercredi que les supérieurs policiers puissent la connaître.

Qu'est-ce que le CENIF exactement

Le Centre National de l'Immigration et des Frontières fait partie de la Commissariat Général des Étrangers et des Frontières de la Police Nationale.

Ses compétences sont régulées par l'Ordre INT/859/2023, modifié par la suite par l'Ordre INT/985/2023. La réglementation lui attribue expressément "l'activité de renseignement criminel dans les domaines de compétence du Commissariat Général".

Cela place le CENIF comme l'une des unités chargées d'analyser des informations sur les flux migratoires, l'immigration irrégulière, les passages illégaux de frontières et les vulnérabilités des postes frontaliers.

Il élabore également des rapports spécialisés lorsqu'ils sont demandés par des organes nationaux ou internationaux et participe à la coordination stratégique de ces matières.

Quelles fonctions a-t-il

Les compétences du CENIF vont bien au-delà du suivi quotidien de l'immigration irrégulière.

Selon la réglementation en vigueur, il agit dans l'application et le suivi des règles de l'Union Européenne et du domaine international sur l'étranger et les frontières, exerce des fonctions en tant que Bureau Central National et coordonne des points de contact utilisés pour échanger des informations avec d'autres unités et institutions.

Parmi ses domaines d'action figurent l'évaluation de la vulnérabilité des frontières, l'évolution des flux migratoires et la coopération technique et opérationnelle avec des unités homologues.

Du Centre dépend également la Brigade de Coordination pour les affaires liées à Frontex, l'Agence Européenne de la Garde des Frontières et des Côtes.

Pourquoi apparaît-il maintenant lié à Ceuta

Le CENIF a pris de l'importance en raison d'un rapport élaboré à la demande de l'Audience Nationale concernant l'entrée massive de migrants enregistrée à Ceuta à la fin juillet.

La documentation a été demandée dans le cadre des diligences dirigées par la juge María Tardón, après une plainte liée à ces événements. EFE et Europa Press confirment que le document a été élaboré par le CENIF et envoyé à l'organe judiciaire.

Les premières informations publiées sur son contenu soutenaient que l'analyse pointait vers la participation de gendarmes marocains et d'agents en civil qui auraient dirigé des migrants vers la frontière, et présentaient les événements comme une opération destinée à faire s'effondrer la capacité de réponse espagnole.

Ce récit a provoqué la réaction immédiate de Marlaska et une réunion urgente du directeur de la Police avec des responsables de l'Immigration et de l'Information.

Intérieur nie que le rapport attribue l'opération au Maroc

La controverse a augmenté dans l'après-midi avec la version officielle fournie par Intérieur.

Francisco Pardo a communiqué à Marlaska que le rapport ne rend pas responsables les forces de sécurité marocaines de la planification ou de l'exécution de la crise migratoire, selon le Ministère.

Intérieur a également fait référence à un autre élément qui avait généré la polémique : une alerte émise par le CENIF le 29 juillet, un jour avant le début des entrées massives.

La Direction Générale de la Police soutient qu'il s'agissait d'une "alerte de risque fréquent" et qu'elle ne contenait aucune référence à une entrée massive prévue pour le jour suivant.

Ce point est particulièrement pertinent car, au cours des dernières semaines, le Gouvernement avait nié avoir reçu un rapport préalable anticipant une crise de l'ampleur finalement enregistrée.

Un rapport sous secret judiciaire

La différence entre les premières informations sur le document et l'explication ultérieure d'Intérieur oblige à distinguer entre ce qui est attesté et ce qui reste en discussion.

Il est confirmé que le CENIF a élaboré une documentation pour l'Audience Nationale sur la crise de Ceuta et que celle-ci restait soumise à un secret judiciaire. Il est également confirmé que Marlaska a demandé des explications au directeur général de la Police après avoir pris connaissance des informations publiées.

Ce que l'Intérieur rejette, c'est que ce document puisse être décrit comme un rapport qui attribue directement à Maroc la planification ou l'exécution des événements.

L'Audience Nationale et le Parquet devront maintenant évaluer la documentation dans le cadre des diligences ouvertes sur ce qui s'est passé à Ceuta.