Le groupe parlementaire Vox a présenté au Parlement andalou une Proposition non de loi avec dix points pour que la Chambre autonome rejette la "prétention" du Maroc sur Ceuta et Melilla ; censure les manifestations de l'Exécutif marocain dans lesquelles il définissait les deux villes autonomes comme "territoires occupés" ; réclame au Gouvernement d'Espagne qu'il exige "formellement du Royaume du Maroc une déclaration publique, expresse et sans équivoque de respect de la souveraineté et de l'intégrité de l'Espagne" ; impulse "immédiatement" la suspension du Traité d'Amitié de 1991 et révise "l'ensemble des instruments des relations bilatérales avec le Maroc pour garantir que toute coopération soit présidée par les principes de réciprocité et de respect de la souveraineté espagnole".
Ainsi, cela est repris dans la PNL diffusée par Vox aux médias, où il est également proposé que le Parlement andalou incite l'Exécutif central à "exiger du Maroc qu'il accepte sans excuse formelle ni matérielle tous les retours, restitutions et expulsions du territoire espagnol de toute personne de nationalité marocaine, majeure ou mineure, adoptés administrativement ou judiciairement, en habilitant de manière immédiate les moyens et la logistique nécessaires pour leur remise et réception".
Vox souligne dans le document que "Ceuta et Melilla sont des parties intégrantes et inséparables de l'Espagne". "La souveraineté espagnole sur ces territoires n'est soumise à aucune négociation, discussion ou transaction", indique le texte, qui soutient que la référence à "territoires occupés" de la part du Gouvernement marocain "ne peut être considérée comme des opinions isolées ni des déclarations dépourvues de pertinence institutionnelle".
Dans ce sens, le groupe parlementaire argumente que "le respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale ne constitue pas une considération accessoire aux relations hispano-marocaines mais un élément essentiel qui se trouve aux fondements de tout type de relation que l'on souhaite maintenir et sans aucun doute, l'un des fondements juridiques sur lesquels repose le Traité d'Amitié" signé le 4 juillet 1991.
Partant de ce postulat, Vox conclut que "il n'est ni politiquement ni juridiquement cohérent de maintenir indéfiniment un régime bilatéral d'amitié et de bon voisinage avec un État dont les propres ministres revendiquent des territoires soumis à la souveraineté de l'Espagne". À son avis, "La politique extérieure espagnole envers le Maroc ne peut plus être fondée sur l'acceptation d'une contradiction permanente : proclamer des relations extraordinaires et privilégiées dans tous les domaines tandis que Rabat maintient ouverte une revendication sur un territoire espagnol".