L'alternative pour l'Allemagne (AfD) apparaît comme la première force en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale dans le sondage à la clôture des élections de ce dimanche 20 septembre. L'estimation de Forschungsgruppe Wahlen pour ZDF lui attribue 38 % des voix, devant les 36,5 % du SPD de la ministre-présidente Manuela Schwesig. Un avantage de 1,5 point qui doit encore être confronté au dépouillement. Source : ZDF.
Le autre grand signal de la nuit concerne les conservateurs du chancelier Friedrich Merz. ZDF place la CDU à 5 %, juste au seuil électoral. Le parti ne ferait pas seulement face à une forte chute : il devrait également attendre le comptage pour assurer sa représentation proportionnelle au Parlement régional.
Que disent les estimations de ZDF et ARD
Derrière l'AfD et le SPD, ZDF place Die Linke à 6 %, les Verts à 5,5 % et BSW à 4,8 %. Ce dernier pourcentage laisserait la formation de Sahra Wagenknecht en dessous du seuil d'accès à la répartition des sièges.
L'estimation attribuée à ARD et Infratest dimap accorde également un avantage de 1,5 point à l'AfD, bien que avec des pourcentages différents : 37 % pour l'extrême droite et 35,5 % pour le SPD.
Dans ce second tableau, Die Linke atteint 7,5 % ; la CDU et les Verts obtiennent chacun 5,5 % ; BSW atteint 5 % et le FDP reste à 1,2 %.
Les différences importent particulièrement dans la partie basse du tableau. Quelques dixièmes peuvent décider quels partis entrent et, ce faisant, modifier les possibilités de former un gouvernement.
La CDU fait face à une chute historique
Le directeur d'ARD avertit d'un possible effondrement historique des conservateurs et place également les Verts et BSW dans une position incertaine par rapport au seuil électoral. En 2021, la CDU avait obtenu 13,3 %. Source : ARD.
Les pourcentages des sondages représenteraient une perte de 7,8 à 8,3 points pour les démocrates-chrétiens. Pour Merz, le scénario représente un revers politique dans un État où son parti serait très loin de contester la première position.
Cependant, ces élections choisissent le Parlement régional : leurs conséquences pour le leadership fédéral sont politiques, pas un changement automatique du gouvernement allemand.
AfD plus que doublerait son résultat de 2021
Il y a cinq ans, le SPD a gagné avec 39,6 %, tandis que l'AfD a obtenu 16,7 %. Die Linke a atteint 9,9 % ; les Verts, 6,3 %, et le FDP, 5,8 %. Depuis lors, Schwesig gouverne en coalition avec Die Linke.
La comparaison vise un changement profond : l'AfD doublerait plus que son pourcentage, tandis que les sociaux-démocrates reculeraient de manière beaucoup plus limitée. Le retournement ne répondrait pas uniquement à l'usure du SPD, mais à une expansion beaucoup plus grande de l'extrême droite.
Schwesig peut-elle continuer à gouverner si elle termine deuxième ?
La première position et la capacité de rassembler une majorité sont des questions distinctes. Le candidat de l'AfD à la tête du gouvernement, Leif-Erik Holm, aurait besoin d'un soutien parlementaire suffisant ; Schwesig n'aurait pas non plus la continuité de sa coalition actuelle garantie.
Avec plusieurs forces autour de 5 %, tout calcul de pactes est encore provisoire. D'abord, il faut savoir quels partis obtiennent une représentation et combien de députés chacun obtient.
C'est pourquoi la nuit électorale a deux foyers inséparables : qui termine premier et quelle majorité peut être construite ensuite. Les sondages placent l'AfD en tête, mais ne déterminent pas encore qui gouvernera le Mecklembourg-Poméranie-Occidentale.