Le secteur aérien et les services touristiques de FSC-CCOO ont demandé au gouvernement et à tous les groupes ayant une représentation parlementaire une réforme immédiate du décret royal 1559/1986, la norme qui fixe les coefficients réducteurs de l'âge de la retraite dans les professions de travaux aériens.
L'organisation syndicale dénonce la discrimination subie depuis l'entrée en vigueur de cette loi par le collectif des membres d'équipage de cabine de passagers (TCP), qui se retrouve exclu, sans justification, d'un système de protection sociale qui reconnaît pourtant la pénibilité et la dureté du travail à bord pour d'autres profils professionnels de l'aviation.
Cette demande, que CCOO défend depuis des années, est maintenant renforcée par une solide base scientifique suite à la diffusion d'une analyse épidémiologique dans la revue "JAMA Internal Medicine", signée par des spécialistes de l'École de Médecine de Harvard.
La recherche analyse la mortalité par cancer associée à la radiation dans plus de 500 occupations et place les TCP au premier rang des risques.
Selon les résultats, ce collectif atteint un taux de 6,9 % de décès par cancers radiocontrolés et présente 50 % de chances en plus de mourir de ce type de maladies par rapport à l'ensemble de la population active.
CCOO souligne que l'exposition continue à la radiation cosmique ionisante, estimée entre 3 et 6 mSv par an, associée à l'altération chronique du rythme circadien résultant du travail par équipes et des vols nocturnes, transforme l'aviation commerciale en un environnement de travail particulièrement dangereux.
L'étude détecte des augmentations très significatives de la fréquence du cancer du sein, avec un risque accru de 61 %, ainsi qu'une augmentation des diagnostics de mélanome, de tumeurs du système nerveux central, de cancer de la prostate et de diverses pathologies oncohématologiques.
Pour le syndicat, ces conclusions montrent que le travail des TCP est objectivement pénible et insalubre, exercé de manière continue à haute altitude.
Après les contacts établis avec le groupe parlementaire socialiste et le groupe plurinational Sumar, CCOO a réussi à faire enregistrer au Congrès des députés une proposition visant à promouvoir la modification du décret.
En conséquence, la centrale syndicale urge les Cortes Generales à accélérer le traitement et le débat de cette proposition législative, afin de mettre fin à ce qu'elle considère comme une injustice historique et permettre aux membres d'équipage de cabine de bénéficier des coefficients réducteurs de retraite.