La Commission Nationale des Marchés et de la Concurrence (CNMC) a donné son feu vert à une réforme des règles de fonctionnement des marchés de l'électricité à court terme et intrajournalier, ainsi qu'à plusieurs procédures d'exploitation, dans le but de dynamiser le marché intrajournalier continu par la mise en place de 96 rounds de négociation — un par intervalle de 15 minutes — et d'avancer dans l'harmonisation avec le marché électrique européen.
Concrètement, le superviseur a approuvé la modification des procédures d'exploitation électriques PO 3.1, PO 7.2, PO 9.1 et PO 14.4.
Selon ce qu'a expliqué la CNMC dans un communiqué, cette réforme permet de dynamiser le marché intrajournalier continu en incorporant plus de rounds de cassation et en rapprochant sa clôture du temps réel, ce qui facilitera une plus grande intégration des énergies renouvelables et une réduction des écarts du système, en permettant aux producteurs, consommateurs et systèmes de stockage d'ajuster leurs programmes avec moins d'avance par rapport au moment effectif de livraison.
L'organisme a ajouté que cette amélioration se traduira par un fonctionnement plus efficace du système électrique, car une programmation plus ajustée de la part des agents diminue la nécessité de recourir à des réserves et à d'autres services d'ajustement pour garantir l'exploitation.
L'électricité se négocie sur un marché de gros structuré en différents segments : ceux à horizon plus long permettent de couvrir les risques de prix, tandis que la négociation à court terme (quotidienne) configure la programmation effective de production et de consommation. Dans ce court terme, dans le marché spot ou au comptant, on distingue entre le marché quotidien et les marchés intrajournaliers.
Le marché quotidien agit comme segment central, concentre le plus grand volume d'énergie et son prix sert de référence pour de multiples domaines, des tarifs régulés aux contrats bilatéraux.
Le marché intrajournalier, pour sa part, s'articule en trois enchères tenues à différents moments de la journée et avec différents horizons temporels, en plus d'une phase de négociation continue, et son objectif est que les participants puissent ajuster leurs programmes face à des variations dans les prévisions de génération ou de demande.
Traditionnellement, depuis 1998, la négociation dans tous ces segments se faisait avec des produits horaires. Cependant, la variabilité croissante associée à la génération renouvelable a fait que ce design a cessé d'être adéquat, ne permettant pas une programmation fine de sa production ni que le prix du marché reflète avec précision la situation du système.
Pour avancer dans la transition vers un système décarbonisé basé sur des technologies renouvelables, il a été jugé indispensable de raccourcir la période de programmation.
Ainsi, en mars 2025, la négociation sur le marché intrajournalier, y compris le continu, a commencé à se structurer en produits de 15 minutes. Plus tard, en octobre de la même année, la négociation quart-horaire a également été implantée sur le marché quotidien.
Avancée vers un système électrique pleinement quart-horaire
La nouvelle révision approuvée par la CNMC achève cette transformation vers un environnement électrique quart-horaire, en introduisant 96 rondes sur le marché continu, qui jusqu'à présent étaient 24, en ligne avec l'ancienne programmation horaire, bien que le produit négocié soit déjà de 15 minutes.
Le régulateur présidé par Juan José Ganuza a souligné que les 96 rondes du marché continu "représentent un défi technologique bien plus grand que ce qu'il peut sembler à première vue".
Dans cette ligne, il a rappelé que le passage au produit quart-horaire en 2025 avait déjà impliqué un défi pertinent, en multipliant par quatre le volume d'informations à traiter, mais que l'implantation de 96 rondes représente un saut supplémentaire, car elle quadruple les processus à l'horizon du marché intrajournalier continu, situé à peine une heure de la livraison physique de l'énergie.
Avec ce nouveau schéma, les participants pourront modifier leurs positions toutes les 15 minutes au lieu de le faire par blocs d'une heure, s'ajustant avec plus de précision aux changements dans le vent, la radiation solaire ou la demande. En pouvant corriger leurs programmes plus fréquemment et plus près du temps réel, les désajustements entre l'énergie programmée et celle réellement produite ou consommée sont réduits, ce qui diminue à son tour la nécessité d'activer des réserves et d'autres services d'ajustement.
Pour rendre viable cette augmentation de rondes, la réglementation intègre diverses mesures d'efficacité, parmi lesquelles des changements dans le type et le volume d'informations échangées, des ajustements dans les délais des processus et des mécanismes de protection en cas d'incidents.
La CNMC a également indiqué que cette initiative respecte le mandat européen d'offrir aux agents la possibilité de négocier de l'énergie par intervalles de 15 minutes aussi proches du temps réel que possible.
De plus, la norme adapte le cadre réglementaire de l'Espagne et du Portugal au Règlement (UE) 2019/943 et à la Décision 11/2025 de l'Agence de coopération des régulateurs de l'énergie (ACER), qui établit que la négociation intrajournalière continue doit rester ouverte jusqu'à 30 minutes avant la livraison, bien que dans le MIBEL, une exception autorisée par la CNMC fixant la fermeture 60 minutes avant la fourniture effective sera temporairement appliquée jusqu'en 2029.
L'augmentation à 96 fermetures intrajournalières n'a pas pu être mise en œuvre en même temps que l'entrée en vigueur du produit quart-horaire sur les marchés intrajournaliers (mars 2025) et quotidien (octobre 2025), car cela s'avérait opérationnellement incompatible avec la plateforme européenne Trans European Replacement Reserves Exchange (TERRE), utilisée pour l'échange d'énergie de balance de réserve de substitution.