Le conseiller de l'Agriculture, de la Pêche et de l'Environnement, Joan Simonet, a célébré que la Commission européenne soit en train d'analyser l'introduction de changements dans le Plan Pluriannuel pour la pêche démersale en Méditerranée occidentale, afin d'augmenter les jours d'activité de la flotte de chalutage sans que la situation des espèces en mauvais état détermine automatiquement ces quotas.
Selon les détails fournis par le Département de l'Agriculture, de la Pêche et de l'Environnement dans un communiqué, cette demande figure parmi les principales revendications que les cinq communautés autonomes espagnoles de la Méditerranée ont conjointement transmises au commissaire européen à la Pêche et aux Océans, Costas Kadis, le mois dernier.
Simonet, accompagné par le directeur général de la Pêche, Antoni M. Grau, a participé ce jeudi à la réunion convoquée par Kadis avec les responsables de la Pêche des Baléares, de Catalogne, de la Communauté valencienne, de la Région de Murcie et d'Andalousie. Lors de cette rencontre, le commissaire a répondu aux différents sujets soulevés par les autonomies et a avancé que certaines de ces réclamations pourraient se concrétiser par des modifications spécifiques de la réglementation communautaire.
En ce qui concerne le Plan Pluriannuel de la Méditerranée occidentale, Kadis a admis qu'il y a des éléments qui "doivent être corrigés" et a indiqué que la Commission travaille sur une proposition "plus favorable et raisonnable" qui évite que le nombre de jours de travail de toute la flotte de chalutage soit lié à la situation d'une seule espèce.
Un ajustement de ce critère ouvrirait la porte à disposer de plus de journées de pêche, bien que l'augmentation ne soit pas automatique et devra être définie dans les prochaines propositions et rondes de négociation.
Simonet a souligné qu'il est nécessaire d'être "prudents" après la réunion, mais a insisté sur le fait qu'"il y a des raisons d'avoir de l'espoir", car ce possible tournant représenterait un avancement "important" et répond à l'une des "principales revendications" défendues par le Gouvernement.
Lors de son intervention, le conseiller a évoqué la visite que le commissaire a effectuée à Majorque le mois dernier, lorsque Kadis a pu connaître de première main la réalité du secteur de la pêche baléare, et a de nouveau exposé les particularités du modèle de gestion de l'archipel.
Simonet a expliqué que le secteur de la pêche des Baléares maintient sa confiance dans les institutions européennes, bien qu'il ait averti que les professionnels sont "fatigués" après des années de restrictions et attendent des "gestes et des décisions" qui permettent de "garantir la viabilité de l'activité".
"Les pêcheurs ont confiance dans l'Union européenne mais sont fatigués et ont besoin de voir des mouvements. Le Govern veut revenir aux Baléares avec de bonnes nouvelles car cette confiance peut s'éroder si les réponses n'arrivent pas avec la rapidité que le secteur nécessite", a déclaré Simonet.
Dans cette ligne, le conseiller a mis en valeur l'effort assumé au cours de la dernière décennie par la flotte baléare. La limitation des jours de pêche et la réduction du nombre de navires ont provoqué une diminution de l'effort de pêche de plus de 50 pour cent en dix ans, tandis que les captures débarquées se situent autour de 40 pour cent en dessous de la moyenne des 30 dernières années.
Simonet a défendu que ce sacrifice porte ses fruits et que l'amélioration environnementale doit maintenant être accompagnée d'une reprise économique et sociale du secteur. Le commissaire lui-même a admis lors de la réunion que les indicateurs scientifiques montrent une diminution de la surpêche et une amélioration de l'état des populations, bien que les indicateurs socio-économiques "n'aient pas évolué au même rythme".
Soutien de Bruxelles à la cogestion de la pêche
Un autre des axes de l'intervention de Simonet a été la défense de la cogestion et d'une plus grande adaptation territoriale de la politique de pêche.
Le conseiller a demandé que les décisions tiennent compte de l'insularité et des singularités écologiques, économiques et sociales de chaque zone, et a cité comme référence le modèle appliqué aux Baléares, basé sur la coopération entre l'Administration et le secteur lui-même.
Kadis a exprimé son soutien à cette vision et a assuré que la Commission européenne entend promouvoir la cogestion et donner plus de visibilité aux cas qui fonctionnent déjà avec de bons résultats. Le commissaire a ajouté que cette approche peut continuer à se renforcer en dehors des changements réglementaires et qu'elle peut bénéficier d'un financement provenant des fonds européens.
"Dans les Baléares, le travail est fait et la mer est meilleure. Il a été prouvé que la conservation et l'activité de pêche peuvent avancer ensemble lorsque le secteur participe aux décisions. Ce qui est demandé maintenant, c'est que l'Europe reconnaisse cet effort et que la territorialisation, l'insularité et la cogestion aient un poids réel dans la gestion des ressources halieutiques", a souligné Simonet.
Actuellement, les Baléares disposent de plus de 40 pour cent de sa surface marine dans le réseau Natura 2000 et d'environ 67 000 hectares de réserves marines de pêche, représentant environ 21 pour cent des eaux intérieures de l'archipel.
Changements ciblés pour "résoudre des problèmes concrets"
Lors de la réunion, Kadis a précisé que l'intention de la Commission n'est pas de rouvrir complètement la réglementation de la pêche européenne, un processus qui pourrait s'étendre sur des années, mais de promouvoir des ajustements ciblés pour "résoudre des problèmes concrets" et offrir des réponses plus agiles au secteur.
Parmi d'autres aspects, Bruxelles s'est montrée disposée à avancer dans la simplification de certains points du règlement de contrôle et à analyser la situation d'espèces comme la crevette rouge et la langoustine. Les communautés méditerranéennes avaient également demandé à revoir le concept d'effort de pêche, à promouvoir la modernisation et la décarbonisation de la flotte et à éliminer la double limitation des jours et des captures qui pèse sur la crevette rouge.
Kadis a également insisté sur la nécessité de continuer à progresser dans la modernisation et la décarbonisation de la flotte, de faciliter le passage générationnel et de maintenir le soutien à la pêche côtière artisanale.
En ce qui concerne les futures possibilités de pêche, le commissaire a rappelé que ce que présentera la Commission européenne sera une proposition initiale que les États membres devront ensuite négocier, et a averti que les modifications nécessitant des changements dans le cadre juridique prendront plus de temps.
Simonet a apprécié la disposition exprimée par le commissaire à maintenir la coopération avec les communautés méditerranéennes, bien qu'il ait souligné l'importance que les propositions abordées lors de la réunion se transforment en mesures concrètes pour le secteur.