Amnistía Internacional soutient le veto français aux réseaux pour les mineurs de 15 ans mais exige d'arrêter les algorithmes addictifs

Amnesty International soutient le veto français aux réseaux pour mineurs, mais réclame de s'attaquer aux algorithmes et aux conceptions addictives qui nuisent à l'enfance.

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La secrétaire générale d'Amnesty International (AI), Agnès Callamard, a évalué positivement ce mercredi la nouvelle réglementation française qui restreint l'accès aux réseaux sociaux pour les mineurs de moins de 15 ans. Néanmoins, elle a réclamé que le débat politique se déplace vers le contrôle du fonctionnement des algorithmes et des dynamiques addictives de ces plateformes, plutôt que de se limiter à imposer des veto généraux.

"Il ne fait aucun doute que réglementer les plateformes pour protéger les enfants est un impératif de notre temps. Nous félicitons les États de prendre au sérieux les dommages causés par les réseaux sociaux, mais au lieu d'appliquer des interdictions génériques, des efforts doivent être faits pour obliger les plateformes à abandonner leur recherche imprudente de profits au détriment des droits de l'homme", a-t-elle exprimé.

Dans cette ligne, elle a souligné que, si l'on veut que les réseaux soient des espaces où les mineurs puissent interagir, s'informer et apprendre "de manière saine", les gouvernements doivent prioriser l'élimination de systèmes comme les "algorithmes basés sur l'interaction", qui poussent les adolescents vers "des endroits où il y a du contenu dépressif et suicidaire".

"Toute solution proposée doit également aborder de manière proactive les risques croissants que posent les chatbots d'IA aux droits et à la sécurité des enfants", a indiqué Callamard, avertissant que les interdictions qui ne s'attaquent pas directement aux algorithmes ou aux "caractéristiques addictives" des réseaux sociaux faciliteront que les mineurs contournent les veto et que les adultes restent également exposés à ces dangers.

"Nous exhortons les législateurs français et d'autres qui envisagent d'interdire les réseaux sociaux à prendre comme exemple les récentes recommandations du panel spécial de l'UE sur la sécurité des mineurs en ligne, qui conseille aux régulateurs de prendre des mesures constructives pour aborder le design nuisible des réseaux sociaux plutôt que de ne pas appliquer des interdictions générales", a-t-elle conclu.

La position d'Amnesty arrive après l'approbation définitive, la veille, par le Parlement français de la loi qui interdit l'utilisation des réseaux sociaux pour les mineurs de moins de 15 ans. La norme devrait commencer à s'appliquer à partir de septembre et se déployer progressivement jusqu'au 1er janvier 2027.

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