Le Ministère de l'Égalité et la Direction Générale de la Protection Civile travaillent à l'élaboration conjointe d'un protocole spécifique d'urgence migratoire avec une approche de genre, à la suite de l'entrée massive de personnes étrangères enregistrée à Ceuta le 30 juillet dernier.
"L'expérience de Ceuta a mis en évidence la nécessité de disposer d'un protocole stable d'action face aux urgences migratoires qui incorpore spécifiquement la perspective de genre et la protection contre la violence à l'égard des femmes. Une ligne de travail que nous réalisons déjà conjointement avec la Protection Civile", a assuré la ministre lors de la Commission de l'Égalité du Congrès des Députés.
Comme elle l'a souligné, l'objectif est que, face à de futures situations d'urgence, les dispositifs de prévention, de détection, d'attention et de protection puissent être activés immédiatement "dès le premier moment et avec la plus grande efficacité".
En même temps, elle a précisé que l'Égalité continue de créer une unité multidisciplinaire spécialisée dans la violence à l'égard des femmes et des filles, qui sera intégrée dans l'unité de violence à l'égard des femmes de la Délégation du Gouvernement. "Nous voulons intégrer des professionnels spécialisés dans la violence à l'égard des femmes, les migrations, la protection internationale, l'enfance et l'interculturalité avec des profils de travail social, de psychologie et de conseil juridique, entre autres", a-t-elle indiqué.
La ministre a fermement condamné les agressions sexuelles survenues à Ceuta et a précisé qu'en accord avec les données du Parquet, le Ministère a connaissance de 21 cas, dont cinq avec pénétration et un autre comme tentative non consommée. Elle a ajouté qu'à ce moment, cinq présumés agresseurs sont sous enquête, deux maghrébins ont été expulsés, deux espagnols sont également sous enquête et un citoyen européen est également en cours d'enquête.
Redondo a décrit ces épisodes comme "des faits graves qui exigent une réponse ferme, une protection pour les victimes et une action rapide de la justice" et a insisté sur le fait que cette couverture doit être assurée dans des conditions d'égalité pour les femmes migrantes à Ceuta et pour toutes les femmes et filles du pays entier.
De même, elle a souligné que "la responsabilité d'une agression incombe toujours à celui qui la commet et ne peut s'étendre à l'ensemble des personnes migrantes, criminalisant ou diabolisant les personnes en raison de leur origine ou de la couleur de leur peau. Nous n'allons minimiser aucune agression survenue à Ceuta, mais nous n'allons pas non plus permettre à quiconque de transformer la douleur, la souffrance et l'insécurité en une arme pour stigmatiser et semer la haine", a-t-elle souligné.
Neuf mineures prises en charge au Centre de Crise 24 heures
La titulaire de l'Égalité a informé que le Centre de Crise 24 heures de Ceuta apporte une attention à neuf mineures victimes d'agressions sexuelles. Elle a rappelé, en outre, que cette ressource, financée par des Fonds Européens transférés par le Ministère de l'Égalité, a commencé à fonctionner en juin et dispose actuellement de 14 places résidentielles de courte durée.
Dans cette même ligne, elle a souligné que la priorité de son département durant la crise de Ceuta a été "d'identifier dès le premier moment les besoins spécifiques des filles et des femmes adultes et de garantir une attention prioritaire lorsque leur situation de vulnérabilité le nécessite".
La ministre a défendu que l'Égalité a été impliquée "dès le premier moment", en se coordonnant avec les différents ministères et administrations responsables pour "garantir la transversalité des politiques d'égalité et l'incorporation de la perspective de genre à l'ensemble de la réponse institutionnelle".
Redondo a mis en valeur la nécessité de renforcer l'attention aux femmes et aux filles dans la ville autonome face à la conjoncture complexe qu'elle traverse. Parmi les mesures adoptées, elle a souligné l'ouverture ce lundi d'un nouveau dispositif d'accueil dans le complexe de l'Hippique, avec une capacité d'environ 320 places.
Selon ses détails, cette ressource est conçue pour offrir un accueil "sécurisé" aux femmes migrantes, assurant le contrôle des accès, la surveillance, la protection de l'intimité et la dérivation immédiate en cas de possibles violences de genre, agressions sexuelles ou traite.
Enfin, la ministre a lancé un appel à réduire la tension et à rejeter toute forme de violence, rappelant que "l'on peut défendre une politique migratoire sérieuse et exigeante sans alimenter la haine et la peur", ainsi que "renforcer la sécurité des frontières sans criminaliser des milliers de personnes migrantes qui fuient l'horreur de la guerre ou le manque d'opportunités".