Le PP va de nouveau soumettre au Plénum du Congrès une initiative pour désapprouver le ministre de l'Intérieur, Fernando Grande Marlaska, cette fois-ci pour la façon dont il a géré la crise provoquée par l'entrée massive d'immigrants à Ceuta le mois dernier de juillet.
Les populaires centrent à nouveau leurs critiques sur Marlaska, qui accumule déjà plusieurs désapprobations au cours de cette législature, et laissent en dehors de cette initiative toute allusion au rôle joué ces jours-là par la ministre de la Défense, Margarita Robles.
La proposition de désapprobation a été intégrée à la motion conséquence de l'interpellation que le groupe populaire a dirigée ce mercredi au titulaire de l'Intérieur. Il est prévu que le texte soit soumis au vote dans l'hémicycle mercredi prochain.
Critiques de la gestion et exigence de cessation
Dans sa motion, le PP vise à ce que la Chambre condamne l'action de Marlaska à la tête du Ministère de l'Intérieur, la "évidente désprotection des frontières espagnoles", l'"abandon de Ceuta et ses répétées contradictions sur les avis et alertes préalables". Le texte réclame en outre au président du Gouvernement qu'il procède à sa destitution.
Parallèlement, les populaires veulent que le Congrès incite l'Exécutif à renforcer de manière immédiate et stable la présence dans la ville autonome d'effectifs de la Police Nationale, de la Garde Civile et, tant que nécessaire, des Forces Armées à Ceuta, avec les moyens humains, ressources matérielles, logements, indemnités et conditions nécessaires pour assurer la protection de la frontière, maintenir l'ordre public et rétablir la normalité.
Dans cette ligne, le parti d'Alberto Núñez Feijóo réclame la mise en place de dispositifs spécifiques de sécurité dans les rues, espaces publics, centres éducatifs, accès et itinéraires habituels de "scolaires, femmes et mineurs".
De plus, le PP cherchera à ce que le Congrès soutienne sa demande d'adopter toutes les mesures nécessaires pour garantir le retour ou le renvoi des personnes qui sont entrées de manière irrégulière à Ceuta.
Pour cela, il propose d'utiliser tous les instruments juridiques disponibles au niveau national, européen et bilatéral, ainsi que d'augmenter d'urgence les ressources humaines et matérielles destinées à l'identification et au traitement des dossiers de renvoi, retour ou demandes d'asile.
Mineurs non accompagnés et pression diplomatique
En ce qui concerne les mineurs étrangers non accompagnés, le PP exige que soient prioritaires leur identification, la détermination de leur âge et la localisation de leurs familles, afin de procéder, en respectant toujours leur intérêt supérieur, à leur retour dans leur environnement familial ou à leur mise à disposition des services de protection de leur pays d'origine.
Dans le domaine diplomatique, la formation réclame que le Gouvernement convoque l'ambassadeur d'Espagne au Maroc et rappelle à nouveau l'ambassadrice marocaine à Madrid, face à la réitération des revendications sur Ceuta et Melilla de la part de membres de l'Exécutif marocain.
De la même manière, elle demande au Gouvernement d'exiger des explications détaillées sur le comportement des autorités marocaines pendant les événements des 30 et 31 juillet et, en particulier, sur si "ils ont permis, consenti ou facilité l'entrée massive qui a violé une frontière espagnole et européenne à Ceuta".