Le président du Gouvernement, Pedro Sánchez, a défendu la concession de l'indulgence à l'ancienne présidente du Parlement de Catalogne et dirigeante de Junts, Laura Borràs, et a rejeté que cette mesure ait pour but de s'assurer le soutien de la formation indépendantiste aux Budgets Généraux de l'État.
Il a souligné que l'indulgence est "partielle" et qu'elle s'ajuste au critère du Tribunal Supérieur de Justice de Catalogne, qui considérait "excessive" la peine imposée.
Sánchez a fait ces déclarations lors de la conférence de presse qui a suivi le traditionnel entretien estival avec le Roi Felipe VI à Palma de Majorque, avant la pause estivale d'août. Là, il a également été interrogé sur la récente mise en examen de l'ancien directeur de la Garde Civile, Leonardo Marcos, dans le "cas Leire Díez", sur lequel il a préféré ne pas se prononcer. "Je n'ai rien à dire, présomption d'innocence et nous verrons où cette affaire mène", a-t-il indiqué.
De plus, il a évité de commenter l'achat d'un penthouse dans le centre de Madrid par le Gouvernement autonome d'Isabel Díaz Ayuso qui, selon le PSOE, serait pour "usage personnel et résidentiel" de la présidente madrilène. "Celui qui devra répondre est la présidente de la Communauté de Madrid, pas moi", s'est-il limité à répondre.
Il argumente que le TSJC voyait "excessive" la peine
Concernant l'indulgence à Borràs, Sánchez soutient qu'il s'agit d'une décision qui découle d'une résolution du TSJC, dans laquelle il était indiqué que la peine de prison imposée à la dirigeante de Junts était disproportionnée. "L'opinion du TSJC est qu'il fallait maintenir la malversation mais pas la peine de prison en la considérant excessive", a-t-il rappelé.
Le Conseil des Ministres a approuvé la veille l'indulgence qui commute la peine de quatre ans et six mois de prison par une autre de deux ans, ce qui évite son incarcération. Le reste de la condamnation est néanmoins maintenu : l'amende et l'inéligibilité de quatre ans.
Borràs a été condamnée pour prévarication et faux documents pour avoir fractionné des contrats afin de les attribuer directement à un ami lorsqu'elle était à la tête de l'Institució de les Lletres Catalanes (ILC) entre 2013 et 2018.
"Rien à voir" avec la négociation politique
Sánchez soutient que l'Exécutif se limite à appliquer "le jugement du TSJC" et écarte que l'indulgence ait un lien avec la négociation des Budgets Généraux de l'État, que le Gouvernement aspire à faire adopter avant la fin de 2026 et pour lesquels il ne dispose pas encore d'une majorité suffisante au Congrès.
"Cela n'a rien à voir ni avec la négociation des budgets, ni, avec quoi que ce soit qui ait à voir avec la politique", a souligné le président. "Cela, s'il vous plaît, ayez cela absolument clair", a-t-il ajouté.
Lorsqu'on lui a finalement demandé s'il maintiendrait à nouveau à ces dates le rendez-vous avec le Roi dans un an, Sánchez a répondu qu'il allait "essayer". "Mon intention est de répéter et de continuer avec la tâche", a-t-il conclu.