La conseillère de l'Agriculture, de l'Élevage et de l'Alimentation du Gouvernement d'Aragon, Arancha Simón, a exhorté ce mercredi le Ministère de l'Agriculture, de la Pêche et de l'Alimentation à ne pas considérer la négociation de la prochaine Politique Agricole Commune comme close sans clarifier au préalable le volume de ressources dont disposera le secteur.
Simón a assisté à Madrid au Conseil Consultatif Agricole pour les Affaires Communautaires, où l'Aragon a défendu que la future PAC dispose d'un financement propre, suffisant et garanti, au minimum similaire à celui de la période en cours, et qu'elle reste en dehors du fonds unique.
"La PAC doit maintenir un financement propre et rester en dehors du fonds unique. Si l'argent destiné à l'agriculture est mélangé avec d'autres politiques, il cessera d'être protégé et dépendra des priorités de chaque Gouvernement", a souligné la conseillère.
Le Gouvernement aragonais a également averti qu'il n'acceptera pas que les États doivent assumer une partie de ce que jusqu'à présent finance l'Union Européenne, car, à son avis, cette formule affaiblirait l'un des principaux mécanismes de soutien aux agriculteurs et aux éleveurs.
La conseillère a souligné que le débat sur le nouveau cadre de la PAC ne peut pas se réduire à répartir des fonds sans connaître au préalable le scénario financier réel.
"La première chose que doit savoir le secteur est avec quel budget il va disposer. On ne peut pas demander au secteur de planifier son avenir tant que l'incertitude sur le financement persiste", a affirmé.
Lors du Conseil Consultatif, l'Aragon a également demandé que les communautés autonomes s'intègrent dès le départ dans la conception du nouveau modèle. Le Département soutient que la PAC à venir doit conserver des règles communes, mais avec suffisamment de flexibilité pour s'adapter à la réalité productive, territoriale et climatique de chaque région.
"Un secano de Monegros et un irrigué de l'Ebre ne produisent pas la même chose ni ne supportent les mêmes coûts, donc ils ne peuvent pas recevoir le même traitement", a défendu Simón.
Dans cette ligne, la conseillère a souligné que les aides doivent être dirigées vers ceux qui travaillent réellement et produisent, et prendre en compte l'activité effective de l'élevage extensif, la dépopulation et l'emploi qui soutiennent les appellations d'origine et l'industrie agroalimentaire en milieu rural.
Le Département a insisté sur le fait qu'une PAC conçue de dos au territoire peut finir par être un fardeau supplémentaire pour le secteur. C'est pourquoi, l'Aragon réclame une politique agricole qui accompagne le producteur, qui simplifie la bureaucratie et qui prend en compte les différences entre territoires, cultures, modèles d'exploitation et coûts de production.
Jeunes agriculteurs et relève générationnelle
L'Aragon a également défendu que la prochaine PAC incorpore un paquet ambitieux pour faciliter l'entrée des jeunes dans le secteur.
La conseillère a souligné que réserver entre 7% et 10% des fonds à cet effet peut être une mesure adéquate, mais a averti que "une prime ne sert à rien si le jeune ne peut pas accéder à la terre ou si la transmission de l'exploitation s'avère inacceptable".
"La relève générationnelle ne se résout pas seulement par une aide initiale. Elle doit être accompagnée d'un accès à la terre, d'une fiscalité qui facilite la transmission, d'investissements, de formation et d'accompagnement durant les premières années", a indiqué Simón.
Le Département considère que la nouvelle PAC doit offrir des solutions efficaces à ceux qui souhaitent s'installer dans le secteur et exercer une activité professionnelle durable dans le temps. "Nous voulons que les jeunes puissent rester dans le secteur et vivre de leur exploitation lorsque l'aide prendra fin", a affirmé la conseillère.
L'Aragon a partagé cette approche avec Castille et León lors du Conseil Consultatif tenu à Madrid, avec l'intention de soutenir une PAC solide, avec des fonds suffisants, moins de charges administratives et une plus grande capacité d'adaptation à la réalité des agriculteurs et éleveurs.
"La PAC ne peut pas être construite depuis un bureau ni de dos à ceux qui produisent des aliments chaque jour. Elle doit servir à donner de la stabilité au secteur, garantir la rentabilité des exploitations et permettre aux agriculteurs et éleveurs de continuer à travailler", a conclu Simón.