Espagne, à la traîne du gaspillage alimentaire dans l'UE : 1.129 millions de kilos ou litres en 2025

L'Espagne est l'un des trois membres de l'Union européenne qui disposent d'une législation nationale spécifique sur le gaspillage alimentaire.

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La Espagne a gaspillé 1.129 millions de kilos ou litres de nourriture durant 2025, soit 0,4 % de plus que l'année précédente. Le gaspillage par habitant, cependant, a diminué de 0,3 % et s'est établi à 24,3 kilos ou litres par personne.

Ce sont les principaux résultats du Rapport sur le gaspillage alimentaire en Espagne 2025 présenté ce jeudi par le ministre de l'Agriculture, de la Pêche et de l'Alimentation, Luis Planas. Le Gouvernement oppose cette légère hausse annuelle à une réduction accumulée de 19,2 % depuis 2020.

Planas a assuré que l'Espagne est devenue le pays de l'Union Européenne qui gaspille le moins de nourriture et a lié cette évolution à la combinaison de réglementation et de sensibilisation sociale. "Nous sommes l'un des trois pays où nous avons une législation nationale concernant la limitation du gaspillage alimentaire, et nous avons des campagnes systématiques, et cela se remarque", a affirmé le ministre.

L'Espagne dispose depuis 2025 d'une loi spécifique contre le gaspillage

La position défendue par Planas repose sur la Loi 1/2025, du 1er avril, de prévention des pertes et du gaspillage alimentaire. Son approbation a placé l'Espagne parmi les trois pays de l'Union Européenne avec une réglementation étatique spécifique dans ce domaine.

La loi couvre toute la chaîne alimentaire : production, transformation, distribution, commerces, hôtellerie, restauration, entités qui gèrent des aliments donnés et administrations publiques.

Son objectif n'est pas uniquement de gérer les aliments qui restent. La première obligation légale est d'empêcher la génération de surplus par une production, des achats et une gestion adaptés aux besoins réels.

La norme fixe deux objectifs pour 2030 par rapport aux niveaux de 2020 : réduire de 50 % les déchets alimentaires par habitant dans le commerce de détail et parmi les consommateurs, et diminuer de 20 % les pertes le long des chaînes de production et d'approvisionnement.

L'ordre obligatoire pour gérer les aliments excédentaires

La principale nouveauté de la loi est une hiérarchie qui détermine ce qui doit être fait avec les aliments qui ne sont pas consommés.

La première étape est de prévenir le gaspillage. Les produits qui n'ont pas été vendus mais qui restent aptes peuvent être transformés en d'autres aliments destinés à la consommation humaine.

Lorsque le surplus n'a pas pu être évité, la priorité est de le donner ou de le redistribuer pour qu'il soit consommé par des personnes. Si cela n'est pas possible, il peut être destiné à l'alimentation animale ou à la fabrication d'aliments pour animaux.

Le prochain échelon permet de l'utiliser comme sous-produit dans une autre industrie. Ce n'est qu'en dernier recours qu'il peut être transformé en déchet pour produire du compost, du biogaz ou de l'énergie.

Les entreprises peuvent modifier cet ordre pour des raisons techniques, économiques, environnementales ou de sécurité alimentaire, mais elles sont tenues de le justifier.

Quelles entreprises doivent disposer d'un plan contre le gaspillage

La loi oblige les acteurs de la chaîne alimentaire inclus dans son champ d'application à respecter la hiérarchie des priorités et à éviter toute action visant à transformer délibérément un aliment en un produit non apte à la consommation ou à son utilisation.

Les entreprises concernées doivent disposer d'un plan de prévention qui explique comment elles géreront les éventuels excédents. Elles devront également promouvoir des accords avec des banques alimentaires, des entités sociales ou des organisations à but non lucratif pour donner les produits qui restent sûrs.

Ces obligations ne s'appliquent pas en général aux microentreprises, aux petites exploitations agricoles ni à certains établissements de transformation, de distribution, de commerce de détail, d'hôtellerie ou de restauration d'une superficie égale ou inférieure à 1.300 mètres carrés.

La limite est calculée conjointement lorsque plusieurs établissements opèrent sous un même numéro d'identification fiscale. Si la somme dépasse 1.300 mètres carrés, l'entreprise est soumise à ces obligations.

Les mesures obligatoires énoncées dans l'article 6 ont commencé à s'appliquer un an après la publication de la norme dans le BOE, c'est-à-dire en avril 2026.

Les restaurants doivent permettre d'emporter la nourriture restante

La Loi 1/2025 reconnaît expressément le droit des clients d'emporter les aliments qu'ils n'ont pas consommés dans les bars, restaurants et autres établissements qui fournissent des services alimentaires.

L'établissement doit informer clairement et visiblement de cette possibilité, de préférence dans la carte ou le menu, et fournir un emballage adapté à un usage alimentaire, réutilisable ou facilement recyclable.

La livraison ne peut pas entraîner de coût supplémentaire, sauf lorsque des contenants en plastique à usage unique sont utilisés, qui sont soumis aux obligations de facturation établies par la législation sur les déchets. Les services de buffet libre ou similaires sont exclus de cette obligation.

La loi oblige à différencier la date de péremption et la consommation préférentielle

Planas a identifié la confusion entre la date de péremption et celle de consommation préférentielle comme l'une des causes du gaspillage domestique.

La première indique jusqu'à quand un aliment peut être consommé en toute sécurité. La date de consommation préférentielle indique le moment jusqu'auquel il conserve toutes ses propriétés, mais la dépasser n'implique pas nécessairement que le produit ait cessé d'être sûr.

La loi oblige les administrations à développer des actions de formation pour que les consommateurs, producteurs et distributeurs distinguent les deux concepts. Ils devront également inciter les entreprises à ajuster les dates de consommation préférentielle au délai maximum permettant de maintenir la qualité et la sécurité du produit.

Le rapport remet à nouveau les foyers comme la principale source de gaspillage, en particulier de produits frais et de restes de recettes. La consommation hors de la maison représente 2,5 % du total et a enregistré une évolution plus favorable.

Amendes allant jusqu'à 500.000 euros

Le non-respect de la réglementation peut entraîner des sanctions. Ne pas appliquer la hiérarchie légale, empêcher contractuellement les dons ou refuser de collaborer à la mesure du gaspillage peut constituer une infraction légère, punie par un avertissement ou une amende allant jusqu'à 2.000 euros.

Ne pas disposer du plan d'entreprise lorsqu'il est obligatoire ou détruire intentionnellement des aliments aptes à la consommation constitue une infraction grave. Les amendes varient entre 2.001 et 60.000 euros.

La réitération d'infractions graves peut se transformer en une infraction très grave, sanctionnée par des amendes allant de 60.001 à 500.000 euros.

La norme oblige également le Ministère de l'Agriculture à mesurer le gaspillage à l'intérieur et à l'extérieur des foyers, à publier les données au moins une fois par an et à élaborer un Plan National de contrôle. Les résultats devront être mis à la disposition du public et transmis aux Cortes Generales pour faciliter le contrôle parlementaire.

Bonjour, je m'appelle Fren. Comment puis-je vous aider ?