L'industrie mondiale des infrastructures des marchés financiers pourrait situer ses revenus dans une fourchette comprise entre 177.000 et 229.000 millions de dollars (154.000 et 220.000 millions d'euros) d'ici 2030, selon les dernières projections.
Entre 2020 et 2025, ce secteur a enregistré un taux de croissance annuel composé (CAGR) proche de 15%, atteignant un chiffre d'affaires approximatif de 131.000 millions de dollars (114.000 millions d'euros).
Selon le rapport "Global Financial Market Infrastructure", élaboré par Oliver Wyman, l'évolution récente du secteur a été favorisée par l'augmentation de la volatilité sur les marchés, la plus grande profondeur des marchés de capitaux, l'entrée croissante d'investisseurs de détail, l'incorporation d'actifs physiques dans le domaine financier et la demande soutenue de solutions avancées de gestion des risques.
Le cabinet estime que l'industrie maintiendra une croissance annuelle allant jusqu'à 8% jusqu'en 2030. Néanmoins, une adoption plus rapide de l'intelligence artificielle (IA), associée à l'extension de la tokenisation, pourrait propulser cette avancée vers des taux proches de 12% par an.
Dans ce contexte, environ 35% des revenus actuels pourraient migrer vers de nouvelles infrastructures numériques. En même temps, l'élargissement de l'univers des actifs générerait un potentiel additionnel de 25.000 millions de dollars (21.888 millions d'euros) en revenus bruts, compensant ainsi une partie de l'impact dérivé de la transformation des modèles traditionnels.
Parallèlement, environ 9% du chiffre d'affaires du secteur, équivalent à 12.000 millions de dollars (10.506 millions d'euros), est directement exposé à l'impact de l'IA, tandis qu'un autre 16% serait en risque si les entreprises n'adoptent pas de plans d'adaptation spécifiques.
Le document détaille que l'IA pourrait réduire les coûts de plus de 20%, élevant la marge Ebitda de 54% à 63% d'ici 2030, en plus de générer près de 9.000 millions de dollars (7.879 millions d'euros) de revenus additionnels grâce au lancement de nouveaux produits, à la création de modèles de monétisation alternatifs et à une meilleure exploitation des solutions existantes par des agents d'IA.
De plus, l'étude identifie une marge de croissance notable sur les marchés de prédiction, qui pourraient apporter des revenus annuels compris entre 13.000 et 19.000 millions de dollars (11.379 et 16.632 millions d'euros).
"Le développement de ces marchés nécessitera des infrastructures capables de fournir des règles de fonctionnement claires, une gouvernance, des données fiables, des mécanismes de supervision, de compensation et de règlement qui permettent leur adoption institutionnelle", indique.
Oliver Wyman souligne également l'urgence pour les entreprises de revoir leurs plans d'expansion : le secteur a consacré 103 milliards de dollars (90,156 milliards d'euros) à des opérations de fusions et acquisitions, dont 88 milliards de dollars (77,025 milliards d'euros) ont été dirigés vers des entreprises de données et de technologie.
Le rapport conclut que la prochaine phase de croissance des affaires sera déterminée non seulement par la trajectoire des marchés financiers, mais aussi par la capacité des organisations à intégrer de nouvelles technologies, à consolider leurs avantages concurrentiels et à faire face à la complexité croissante du système financier à l'échelle mondiale.