Seulement quatre salariés sur dix, en concret le 39,9 %, disposent d'une clause de révision salariale dans les conventions collectives qui leur sont appliquées pour éviter de perdre du pouvoir d'achat face à l'augmentation des prix. Cependant, la protection varie de manière notable selon le secteur d'activité, selon les données du Ministère du Travail auxquelles a eu accès Europa Press, élaborées à partir des conventions enregistrées jusqu'en juillet de cette année.
Ainsi, tandis que 58,3 % des employés de l'industrie et 93,5 % des travailleurs du secteur de la construction couverts par la négociation collective bénéficient de ces clauses de garantie salariale dans leurs conventions, à peine 6,3 % des travailleurs de l'agriculture et 26,2 % de ceux du secteur des services profitent de cette protection.
En détail, jusqu'en juillet, 1.568 conventions avaient été enregistrées dans les services, avec des effets économiques sur plus de 5,5 millions de personnes. Néanmoins, seulement 1,4 million de ces travailleurs avaient incorporé une clause de révision salariale, ce qui représente 26,2 % du total.
Dans l'agriculture, le nombre de conventions comptabilisées jusqu'en juillet s'élevait à 30, touchant 118.255 travailleurs. Parmi eux, seulement 7.465 incluaient dans leur texte une clause de garantie salariale.
L'industrie comptait 1.099 conventions enregistrées jusqu'en juillet, qui couvraient 2,26 millions de salariés. De ce collectif, 1,3 million disposaient de clauses de révision, c'est-à-dire presque six sur dix.
Dans le cas de la construction, les conventions en vigueur inscrites jusqu'au septième mois de l'année étaient 71, avec un impact sur 697.795 travailleurs. Neuf sur dix (93,5 %) disposaient d'une clause de révision salariale qui les protège contre les hausses de l'inflation.
Seulement trois conventions sur dix incluent une clause de révision
Selon la statistique du Travail, entre janvier et juillet, 2.768 conventions collectives ont été enregistrées, dont seulement 30,2 % (836 accords) incorporaient une clause de garantie salariale et, parmi elles, 581 prévoyaient son application avec des effets rétroactifs.
Les conventions qui incorporent une clause de révision touchent un peu plus de 3,4 millions de travailleurs, sur un total supérieur à 8,6 millions couverts par les conventions enregistrées jusqu'en juillet, ce qui équivaut au 39,9 % mentionné.
De cette manière, six salariés sur dix n'ont toujours pas de clauses de sauvegarde dans leurs conventions collectives. Néanmoins, la proportion d'employés protégés par ce mécanisme dépasse de 18 points celle enregistrée en décembre 2023 (21,08%).
Les services mènent les augmentations salariales moyennes
Les salaires négociés dans les conventions ont augmenté en moyenne de 3,02 % en juillet, une légère avancée par rapport au 3,01 % du mois précédent, mais presque cinq dixièmes en dessous de l'IPC de ce mois, dont le taux annuel s'est établi à 3,5 %, en attendant que l'Institut National de la Statistique (INE) confirme le chiffre définitif la semaine prochaine.
Par secteurs d'activité, la plus forte augmentation salariale moyenne dans les conventions se trouve dans les services, avec 3,04 %, suivie de l'industrie (3,01 %) et de la construction (3 %). L'agriculture reste le secteur avec la plus faible augmentation moyenne, à 2,69 %.
Les organisations syndicales et les employeurs doivent conclure cette année un nouvel Accord pour l'Emploi et la Négociation Collective (AENC) après l'expiration en décembre dernier du pacte en vigueur, qui recommandait des augmentations salariales de 3 % pour 2025, avec une clause de révision salariale qui, en cas de déviation de l'inflation, pourrait impliquer des augmentations supplémentaires allant jusqu'à 1 % pour chacune des années de l'accord (2023-2025).
En vue du nouveau cadre, les organisations syndicales UGT et CCOO ont transmis aux employeurs une proposition d'augmentation salariale fixe de 4 % par an pour les trois prochaines années, ce qui représenterait une hausse cumulée de 12 % d'ici 2028.
De plus, elles ont proposé une augmentation supplémentaire de 1 % dans les conventions où le salaire moyen se situe 10 % en dessous du salaire moyen national, 2 % de plus pour ceux qui sont 20 % en dessous et une amélioration de 3 % pour ceux qui se trouvent 30 % en dessous. De la même manière, elles proposent une augmentation supplémentaire de 1,5 % pour chacune des années en cas de déviation de l'inflation.