Ampliation | ONG dénonce 72 morts dans une attaque aérienne à la frontière entre le Soudan et l'Égypte et pointe du doigt Le Caire

Une ONG dénonce un bombardement dans le nord du Soudan, près de l'Égypte, qui aurait laissé au moins 72 mineurs morts et exige une enquête indépendante.

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Au moins 72 mineurs ont perdu la vie dans une zone d'extraction du nord du Soudan, près de la frontière avec l'Égypte, après un bombardement attribué à "des avions de guerre égyptiens", selon ce qu'a rendu public l'ONG Emergency Lawyers.

"Des avions de guerre égyptiens ont attaqué des mineurs civils dans la zone de Wadi Nord, sur le territoire soudanais, causant la mort de 72 civils", a dénoncé sur les réseaux sociaux l'organisation, qui cite des informations préliminaires.

Dans son communiqué, Emergency Lawyers a fermement condamné ces attaques, soulignant qu'elles "violent la souveraineté du Soudan et le droit à la vie". Pour cette raison, l'ONG réclame la fin immédiate des bombardements, l'ouverture d'une enquête indépendante et que "les responsables rendent des comptes".

Jusqu'à présent, ni le Soudan ni l'Égypte n'ont offert de version officielle sur ce qui s'est passé, ce qui a donné lieu à des bilans disparates sur le nombre de victimes. L'ONG Réseau de Médecins du Soudan a informé de treize mineurs décédés et de dizaines de blessés, bien qu'elle ait averti que le chiffre des victimes "augmentera en raison de la gravité de certaines blessures et de la difficulté à obtenir des soins de santé et des services essentiels".

Pour sa part, un autre collectif, Défense des Victimes du Darfour, a situé le bilan à 200 morts et 120 blessés, des données qui pour l'instant n'ont pas pu être vérifiées de manière indépendante.

Les bombardements auraient atteint des points habituels de réunion des travailleurs de l'exploitation minière artisanale et des zones de stockage des minéraux extraits des puits, des enclaves où un grand nombre de personnes a tendance à se concentrer, ce qui expliquerait l'ampleur de l'attaque.

Témoignages d'employés et sources locales indiquent que l'incident a eu lieu dans le soi-disant Triangle Frontière ou Triangle de Halaib, territoire disputé par le Soudan et l'Égypte, où certains mineurs auraient reçu des avis pour quitter la zone.

L'Égypte exerce le contrôle effectif de cette enclave depuis 1993 et en 2000, les dernières troupes soudanaises se sont retirées, un contexte qui nourrit les soupçons sur la possible implication égyptienne dans l'offensive contre les mineurs.

Le Réseau de Médecins du Soudan demande l'intervention urgente des autorités compétentes pour garantir les soins aux blessés et réclame une enquête transparente qui permette d'éclaircir les circonstances et de déterminer les responsabilités pour cette attaque.

De plus, l'organisation demande l'adoption de mesures de protection pour la population civile et, en particulier, pour les mineurs qui travaillent dans les zones frontalières, afin d'éviter que des épisodes de ce type ne se reproduisent.