Le secrétaire général de l'Organisation des États américains (OEA), Albert Ramdin, a dénoncé ce mercredi que la récente modification constitutionnelle approuvée de manière partielle au Nicaragua, destinée à limiter la participation aux urnes et à écarter les candidats qualifiés de "traîtres à la patrie", transforme la Constitution "en un instrument de plus pour exclure les voix dissidentes".
Ramdin a expliqué sur les réseaux sociaux que "La proposition de réforme constitutionnelle approuvée en première instance au Nicaragua restreint encore plus la participation politique, prolonge les mandats et ferme les espaces démocratiques. Il est particulièrement alarmant qu'il soit interdit d'exercer des fonctions publiques à ceux qui sont arbitrairement qualifiés de 'traîtres à la patrie'. Cette réforme transforme la Constitution en un instrument de plus pour exclure les voix dissidentes".
Le responsable de l'OEA a déploré que les autorités du pays d'Amérique centrale "semblent déterminées à prouver" que la perception selon laquelle il y a "un désastre politique au Nicaragua" est "correcte, avec des conséquences terribles pour le peuple nicaraguayen".
Dans le même sens, il a souligné que "Ces mesures contreviennent aux principes de la démocratie représentative, au pluralisme politique et au respect des droits humains consacrés dans la Charte de l'OEA et la Charte démocratique interaméricaine".
Ramdin a également souligné que les habitants du Nicaragua "méritent des institutions qui protègent leurs droits, et non qui les restreignent, ainsi que l'opportunité de choisir librement leurs dirigeants parmi différentes propositions et de décider de l'avenir de leur pays".
L'Assemblée nationale nicaraguayenne a donné son feu vert ce mardi, de manière "unanime" et lors de la première des deux législatures requises, à une réforme partielle de la Constitution qui empêche de participer à des processus électoraux ceux qui sont considérés comme "traîtres à la patrie" ou "coupistes".
L'initiative prévoit également l'extension de la période présidentielle de six à sept ans, dans le cadre d'une réforme qui sera appliquée une fois qu'elle aura reçu l'approbation définitive lors d'une seconde législature en 2027.