L'Union européenne a exprimé son chagrin "profondément" pour la décision adoptée ce jeudi par le Conseil judiciaire du Kosovo (KJC), qui a choisi de valider les démissions de juges serbo-kosovars qui avaient déjà été retirées auparavant, une action que le bloc considère "incompatible" avec la législation kosovare, avec les garanties procédurales et avec les exigences propres à un État de droit.
Le Service européen pour l'action extérieure (SEAE) a souligné dans un communiqué que "Sous sa Constitution, le Kosovo est une société multiethnique régie par l'État de droit, et son système judiciaire doit refléter la diversité ethnique du Kosovo", insistant sur le fait que l'UE a réclamé de manière répétée à Pristina de faciliter la réintégration du personnel judiciaire serbo-kosovar conformément à la législation du Kosovo et aux accords conclus dans le cadre du Dialogue médié par Bruxelles.
Bruxelles a rappelé que le 15 juillet dernier, elle a salué le retrait des démissions présentées par des juges, des procureurs et du personnel de soutien serbo-kosovars, un progrès que maintenant elle considère annulé par la résolution du KJC. L'UE a ajouté que cette étape s'ajoute à des décisions similaires prises en juillet par le Conseil fiscal du Kosovo (KPC) et par le président par intérim concernant les démissions de procureurs serbo-kosovars.
Dans le même sens, elle a alerté que ces actions "vont à l'encontre des principes d'un pouvoir judiciaire multiethnique", sapent la confiance de la communauté serbo-kosovare et mettent en péril les efforts visant à garantir un retour stable de cette communauté dans les institutions du Kosovo.
Face à ce scénario, l'UE a exhorté "tous les acteurs concernés" à promouvoir les conditions nécessaires pour assurer un pouvoir judiciaire multiethnique qui respecte pleinement la législation kosovare, les garanties procédurales et les engagements pris dans le cadre du Dialogue parrainé par l'Union européenne.