Le président du Brésil, Luiz Inácio Lula da Silva, a eu ce vendredi une longue conversation téléphonique avec le président américain, Donald Trump. Au cours du dialogue, le dirigeant brésilien lui a fait savoir que les nouveaux tarifs imposés par Washington à son pays manquent de justification et que, à son avis, l'essentiel est de renforcer la coopération bilatérale pour "préserver leurs forts liens commerciaux".
Tout au long de la conversation, qui a duré une heure et vingt minutes, Lula a rejeté une à une les accusations formulées par le Bureau du Représentant Commercial des États-Unis pour justifier les sanctions contre le Brésil — parmi elles la déforestation, la corruption ou le travail forcé — parce que "sont infondées".
Les dénonciations du Bureau du Représentant Commercial ont conduit, à la mi-juillet, à l'application d'un tarif de 25 % sur "la majorité" des importations en provenance du Brésil. L'administration américaine a lié cette mesure aux motifs cités et à ce qu'elle interprète, en termes généraux, comme une absence de "bonne foi" de la part de Lula lors des négociations commerciales.
Selon le président brésilien, ces taxes "affectent négativement tant le Brésil que les États-Unis", de sorte qu'il considère indispensable de promouvoir la collaboration dans le but de "préserver des liens commerciaux forts". Selon le récit de Lula, Trump a partagé cette vision lors de la conversation.
Dans le même échange, Lula a réitéré que le Brésil souhaite approfondir la coopération "dans la lutte contre le crime organisé". Néanmoins, il a demandé à son homologue de ne pas classer les grandes bandes criminelles brésiliennes, comme le Premier Commandement de la Capitale, comme "groupes terroristes", comme Washington l'a fait avec d'autres cartels, en soutenant que le Brésil "a des instruments pour faire face à ces organisations", par exemple par son "étouffement financier", sans qu'il soit nécessaire "d'une classification spéciale pour les désigner".
Les deux dirigeants ont également abordé les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient, montrant des positions concordantes sur la nécessité de rechercher "une solution négociée". En ce qui concerne la guerre en Iran, Lula a de nouveau critiqué "l'inopérance du Conseil de Sécurité de l'ONU" et, comme il l'a déjà proposé aux présidents russe et chinois, Xi Jinping et Poutine, a suggéré la tenue d'une réunion extraordinaire pour avancer vers un conseil plus représentatif et inclusif.
"Les grands leaders ne sont pas ceux qui déclenchent des guerres, mais ceux qui mettent fin aux conflits", a conclu Lula.