Que propose Die Linke pour les loyers à Berlin et ce qu'il pourrait appliquer s'il gouverne

Le logement est l'un des principaux enjeux des élections de Berlin de ce dimanche. Die Linke propose de limiter les augmentations des loyers, d'élargir le logement public et d'avancer dans la socialisation des grandes entreprises immobilières, bien que certaines de ces mesures nécessiteraient de nouveaux pas législatifs.

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Elif Eralp, 13. Dez. 2025

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Le logement est devenu l'un des principaux axes de la campagne électorale à Berlin. L'augmentation des loyers et le manque de logements abordables occupent une place centrale dans le débat et ont placé Die Linke parmi les formations qui proposent une plus grande intervention publique sur le marché.

Le programme de la formation propose d'agir sur différents fronts : réguler les loyers, augmenter le parc de logements publics et avancer vers la vergesellschaftung, la formule allemande de socialisation des grandes entreprises immobilières.

Une nouvelle limite aux loyers publics

Une des mesures que Die Linke envisage d'appliquer depuis le gouvernement régional est un Mietendeckel pour les logements de propriété publique.

La formation propose de geler pendant un an les loyers des logements des entreprises immobilières appartenant à l'État fédéré et de limiter par la suite leurs augmentations à 1% par an. Berlin compte environ 380.000 logements appartenant à ses entreprises publiques.

Cette mesure affecterait directement le parc public et ne signifierait pas, à elle seule, établir un prix maximum pour tous les loyers privés de Berlin.

Plus de logements publics et limites pour les grands propriétaires

Die Linke propose également d'augmenter l'intervention publique sur le marché. Parmi ses mesures figure un "Sicher-Wohnen-Gesetz", une loi qui obligerait les propriétaires ayant au moins 50 logements à destiner une proportion croissante de leurs appartements à des personnes à revenus faibles et moyens qui remplissent les conditions pour accéder à un logement protégé.

La formation estime que sa proposition permettrait d'incorporer chaque année 17.000 logements supplémentaires à des prix abordables. Elle propose également de renforcer les mécanismes de contrôle sur le marché et de créer une autorité régionale spécifique pour garantir le respect des normes de protection des locataires.

La socialisation des grandes entreprises immobilières

La proposition qui suscite le plus de débats est la socialisation des grands propriétaires. Die Linke défend la récupération du mandat du référendum organisé à Berlin en 2021, lorsque 59,1% des électeurs ont soutenu l'initiative pour que les grandes entreprises immobilières passent sous une formule de propriété publique ou collective. Ce référendum était consultatif et n'a pas produit à lui seul l'expropriation de logements.

La formation soutient maintenant que ce résultat doit se traduire par une loi et défend l'incorporation au secteur public de grands portefeuilles résidentiels d'entreprises comme Vonovia ou Deutsche Wohnen. Son propre programme lie cette mesure à l'objectif de maintenir des loyers abordables à long terme.

Par conséquent, il ne s'agit pas que Berlin va exproprier automatiquement des logements si Die Linke entre au gouvernement. L'application de cette proposition nécessiterait de développer le cadre légal correspondant et de résoudre des questions juridiques, financières et administratives.

Quelles mesures un nouveau gouvernement pourrait-il appliquer directement ?

Toutes les propositions n'ont pas le même parcours institutionnel.

Le gouvernement régional peut agir sur les entreprises publiques de logement, le parc public, les aides, la construction et certains mécanismes de protection des locataires. Il peut également promouvoir de nouvelles lois dans le cadre des compétences de l'État fédéré.

En revanche, les mesures qui affectent de manière générale les contrats privés sont conditionnées par la législation fédérale allemande et par les limites établies par les tribunaux. La soi-disant Mietpreisbremse, qui limite les loyers initiaux dans certaines zones tendues, reste en vigueur dans le cadre fédéral ; en février 2026, la Cour constitutionnelle allemande a rejeté un recours contre sa réglementation.

Le logement, au centre des élections

Le débat sur les loyers se produit dans une ville où la majorité de la population vit en location et où l'accès à un logement abordable est devenu l'un des principaux problèmes de la campagne. Reuters souligne le logement comme l'un des enjeux centraux de ces élections et place les propositions de Die Linke sur le contrôle des loyers, le logement social et la régulation des grands propriétaires parmi ses principales mesures.

Le résultat électoral déterminera quels partis peuvent former un gouvernement et, par conséquent, quelles propositions pourront être intégrées à l'agenda du prochain exécutif. Dans le cas de Die Linke, ses mesures sur les loyers publics pourraient être promues depuis l'administration régionale, tandis que la socialisation de grandes entreprises nécessiterait un processus spécifique pour transformer le mandat politique de 2021 en une mesure effective.

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