Que peut faire l'Armée face à une entrée massive de migrants à Ceuta

Les Forces Armées peuvent renforcer la surveillance, fournir un soutien logistique et collaborer avec la Garde Civile, mais ne pas assumer de leur propre initiative le contrôle des frontières ni décider des retours, expulsions ou demandes d'asile.

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Le Ministerio de Defensa a ordonné de maintenir le personnel militaire affecté à Ceuta disponible face au risque d'une nouvelle tentative d'entrée massive depuis le Maroc. La mesure inclut l'annulation, jusqu'à nouvel ordre, des permissions de congé, sauf dans des cas exceptionnels dûment justifiés, selon une communication du Commandement Général de Ceuta révélée par la Cadena SER.

L'ordre concerne des unités de logistique, des Réguliers, de la Cavalerie, des Ingénieurs, de l'Artillerie, le Bataillon du Quartier Général et les services sanitaires. Cependant, annuler les permissions ne signifie pas que les militaires ont pris le contrôle de la frontière ni n'élargit automatiquement leurs compétences. Leur intervention concrète dépend des ordres opérationnels dictés par le Gouvernement et le Ministère de la Défense.

Lors de l'entrée massive enregistrée le 30 juillet, la Défense et l'Intérieur ont annoncé que les Forces Armées renforceraient la Garde Civile. Les effectifs militaires ont été coordonnés par le Commandement des Opérations et avec une fonction de soutien à l'institut armé.

La base légale pour déployer l'Armée à Ceuta

Le article 8 de la Constitution confie aux Forces Armées la garantie de la souveraineté et de l'indépendance de l'Espagne, la défense de son intégrité territoriale et la protection de l'ordre constitutionnel. Cependant, ce précepte ne transforme pas tout problème frontalier en une opération militaire ni ne confère à l'Armée des compétences générales en matière d'immigration.

La base la plus concrète pour leur collaboration se trouve dans la Loi Organique de la Défense Nationale. La norme permet aux Forces Armées, avec les institutions de l'État et les administrations publiques, de contribuer à préserver la sécurité et le bien-être des citoyens face à des situations de grave risque, de catastrophe, de calamité ou d'autres besoins publics.

Cela permet de déployer des capacités militaires en cas de crise sans avoir besoin de transférer à l'Armée les compétences de la Garde Civile ou de la Police Nationale. Sa contribution a un caractère complémentaire ou subsidiaire et doit s'ajuster à la mission concrète qui lui est assignée.

Quelles tâches peuvent réaliser les militaires

Les fonctions exactes doivent être établies dans les ordres de l'opération, mais les Forces Armées peuvent apporter des capacités qui allègent la pression sur les corps policiers :

  • Renforcer la présence et la surveillance dans des zones déterminées sous la coordination établie.
  • Protéger les installations militaires, les infrastructures critiques ou les points stratégiques.
  • Collaborer à la création de périmètres et de cordons de sécurité.
  • Apporter des véhicules, des systèmes de communications, d'éclairage, de surveillance et des moyens techniques.
  • Réaliser des travaux d'ingénierie pour installer ou réparer des obstacles et des infrastructures.
  • Faciliter le transport de personnel, de matériel et de fournitures.
  • Fournir une assistance sanitaire et un soutien humanitaire.
  • Participer à des sauvetages, des évacuations ou à l'assistance de personnes en danger.
  • Monter des installations provisoires et fournir un soutien logistique aux autorités civiles.

Les militaires peuvent également sécuriser une zone et remettre les personnes interceptées à la Guardia Civil ou à la Police Nationale. Cependant, ils n'ont pas de compétence générale pour arrêter quelqu'un uniquement pour une infraction administrative de droit des étrangers ni pour traiter son renvoi.

Tout acte coercitif doit être couvert par la mission confiée, respecter les principes de nécessité et de proportionnalité et se soumettre à l'ordre juridique. La présence de soldats ne constitue pas une autorisation générale d'utiliser la force.

Ce que l'Armée ne peut pas décider

Les Forces Armées ne peuvent pas décider si une personne a le droit d'entrer ou de rester en Espagne. Elles ne sont pas non plus responsables d'identifier et de documenter administrativement les migrants en tant qu'autorité de droit des étrangers, d'instruire des dossiers de renvoi ou d'expulsion, ni de résoudre des demandes de protection internationale.

Les renvois, expulsions et demandes d'asile doivent être traités conformément à la législation sur le droit des étrangers et la protection internationale, avec assistance juridique, interprète et attention individualisée. Un déploiement militaire ne permet pas d'omettre ces garanties.

Ce qui revient à la Guardia Civil

La Loi Organique sur les Forces et Corps de Sécurité attribue à la Guardia Civil la garde des côtes, des frontières, des ports, des aéroports et des voies de communication. À Ceuta, c'est le corps qui occupe la première ligne de surveillance dans le périmètre frontalier, le môle de Tarajal et les eaux proches.

Ses unités terrestres et maritimes peuvent détecter des tentatives d'entrée, intervenir en mer, secourir des personnes en danger et contrôler les accès. Elles maintiennent également la sécurité dans la zone frontalière et mettent les migrants localisés à la disposition des unités chargées du droit des étrangers.

Bien que la Guardia Civil ait une nature militaire, elle fait partie des Forces et Corps de Sécurité de l'État et, lorsqu'elle exerce ces fonctions, elle agit dans le cadre du Ministère de l'Intérieur.

Ce qui correspond à la Police Nationale

La Police Nationale a pour mission le contrôle des entrées et sorties du territoire, ainsi que les compétences sur l'étranger, l'immigration, le refuge, l'asile, l'extradition et l'expulsion.

Après qu'une personne ait été localisée, les agents peuvent s'occuper de son dossier, de son identification et de sa documentation, vérifier ses antécédents et ouvrir la procédure administrative correspondante. Ils reçoivent également ou formalisent les demandes de protection internationale et déterminent, avec les autres autorités compétentes, le traitement applicable à chaque cas.

Les unités d'intervention et de sécurité citoyenne de la Police peuvent également être déployées pour éviter des perturbations de l'ordre public à Ceuta.

Bonjour, je m'appelle Fren. Comment puis-je vous aider ?