La juge d’Urda exige plus d’opérateurs pour chercher des restes après l’arrêt des travaux pendant la nuit par manque de personnel

La magistrate qui enquête sur l’accident ferroviaire d’Urda (Tolède) a requis de manière urgente de l’entreprise de grues recrutée par Adif et Renfe qu’elle renforce ses effectifs afin de garantir la continuité des travaux de recherche. Le manque d’opérateurs a empêché de travailler pendant la nuit de samedi à dimanche, malgré l’ordre judiciaire. En outre, la juge d’instruction a interdit d’obtenir et de diffuser des images des victimes et de leurs proches afin de protéger leur intimité

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La juge qui enquête sur l’accident ferroviaire de Urda (Toledo), dans lequel 69 personnes sont décédées, a exigé d’une manière urgente que davantage d’ouvriers soient intégrés aux travaux de retrait des wagons accidentés afin de garantir que les opérations de recherche puissent se dérouler sans interruption. La décision intervient après que le manque de personnel de l’entreprise de grues engagée par Adif et Renfe a empêché de poursuivre les travaux dans la nuit du samedi 31 octobre au dimanche 1er novembre, malgré l’existence déjà d’une injonction judiciaire visant à maintenir l’activité.

Selon ce qu’a indiqué ce dimanche le Tribunal Superior de Justicia de Castilla-La Mancha (TSJCLM), la magistrate, titulaire du poste numéro 2 de la section civile et d’instruction du Tribunal de Première Instance d’Orgaz, a rendu samedi une ordonnance adressée à l’entreprise responsable des grues afin qu’elle dispose des travailleurs nécessaires et organise les relèves correspondantes. L’objectif était de maintenir le retrait des convois pendant toute la nuit et de faciliter la localisation des éventuels restes qui pourraient encore se trouver entre les wagons accidentés.

L’ordre n’a pas pu être exécuté au cours de la nuit dernière en raison de l’insuffisance d’ouvriers, bien que les travaux aient repris à 8h00 ce dimanche, selon ce qu’a publié EL ESPAÑOL. La décision judiciaire répond à la nécessité d’achever au plus vite l’inspection des trains et de localiser les restes qui pourraient demeurer sur le lieu de l’accident afin de procéder à leur remise aux familles.

La juge ordonne d’organiser des équipes pour travailler sans interruption

La magistrate considère prioritaire que les travaux de recherche et de retrait des wagons ne s’arrêtent plus en raison du manque de travailleurs. Pour ce motif, son ordonnance demande à l’entreprise de grues de mobiliser les moyens humains nécessaires pour établir les équipes permettant de relever les ouvriers qui travaillent depuis l’accident du mercredi 28 octobre dernier.

La requête a été convenue et notifiée au cours de la journée de samedi, dans l’intention que les équipes restent opérationnelles pendant la nuit. Cependant, l’entreprise n’a pas disposé d’un personnel suffisant pour maintenir cette activité, ce qui a obligé à interrompre les tâches jusqu’au lendemain matin. La nouvelle exigence judiciaire vise à éviter que la situation ne se répète dans les prochaines heures, alors que l’inspection de la zone où sont restés les trains sinistrés se poursuit encore.

Selon le TSJCLM, la priorité est localiser tous les restes possibles qui peuvent encore demeurer sur le lieu de l’accident et faciliter leur remise aux familles dès que possible. Le retrait des wagons constitue une partie essentielle de ces travaux, car il permet d’accéder à des espaces qui doivent encore être examinés. Ces opérations se déroulent dans une zone soumise au contrôle judiciaire et policier, où doivent également être préservés les éléments pertinents pour l’enquête sur les causes du sinistre.

Interdit de diffuser des images et des informations des victimes et de leurs familles

En plus de la requête visant à renforcer les travaux, la juge d’instruction a rendu une ordonnance interdisant d’obtenir, de divulguer ou de publier des informations ou des images liées aux victimes de l’accident ferroviaire et à leurs proches. La décision a pour finalité de protéger leur intimité, leur intégrité et leur dignité, en plus d’éviter qu’ils subissent de nouvelles situations d’exposition publique durant les jours suivant la tragédie.

L’interdiction prévoit une exception pour la diffusion des données qui s’avèrent nécessaires aux fins d’identification des victimes. De cette manière, la magistrate entend concilier la protection des personnes concernées avec les actes indispensables pour mener les travaux d’identification et tenir les familles informées.

La procédure judiciaire se poursuit sous secret de l’instruction, si bien que tous les détails des diligences effectuées ni les conclusions provisoires des enquêteurs ne sont pas publiquement connus. La décision sur la protection des victimes s’ajoute aux mesures adoptées dès le début pour contrôler l’accès à la zone du sinistre et préserver les indices possibles.

La Guardia Civil maintient sous blocus la zone de l’accident d’Urda

Alors que se poursuivent les opérations de retrait des trains, la Guardia Civil maintient un vaste dispositif pour empêcher l’accès de personnes non autorisées et garantir la conservation des preuves. Selon ce qu’a expliqué à EFE le porte-parole de l’institut armé, Pedro Pablo Garrido, la zone restreinte comprend deux kilomètres de la ligne à grande vitesse Madrid-Sevilla dans les deux sens à partir du lieu de l’accident.

L’opération comprend des drones de surveillance, des agents à cheval, des patrouilles de sécurité citoyenne et des effectifs spécialisés dans le contrôle des routes et des chemins proches. Participent également des unités cynophiles qui continuent à rechercher des restes biologiques parmi les éléments du sinistre. L’accès est limité au personnel des forces de sécurité et à ceux qui disposent de l’autorisation judiciaire correspondante.

La juge avait déjà ordonné le jour même de l’accident d’empêcher l’entrée de personnes étrangères à l’enquête et d’éviter le retrait non autorisé de matériaux qui pourraient constituer des preuves. Samedi, les agents ont détecté un drone privé filmant des images dans la zone restreinte et ont identifié son propriétaire, selon ce qu’a informé la Guardia Civil. La surveillance vise à éviter des interférences dans les travaux de recherche et à garantir que les enquêteurs puissent reconstituer les circonstances de ce qui s’est passé.

La Guardia Civil termine de recueillir les effets personnels des passagers

Parallèlement, la Guardia Civil a considéré comme achevée la collecte des effets personnels des voyageurs des trains AVE et Iryo accidentés à Urda, selon ce qu’ont confirmé à EFE des sources de l’institut armé. Dans les deux convois voyageaient 525 personnes, dont 69 sont mortes dans la tragédie ferroviaire de mercredi dernier.

Les effets récupérés seront remis à leurs propriétaires par l’intermédiaire des entreprises ferroviaires responsables des services, qui devront se charger du processus de restitution correspondant. Cette opération se déroule indépendamment de la recherche de restes et des diligences destinées à éclaircir les causes du choc.

Tôt ce dimanche, une cinquantaine d’agents de la Guardia Civil restaient déployés dans la zone zéro, où cinq wagons avaient déjà été écartés des voies, bien qu’ils demeuraient dans les environs de l’accident. Le retrait des trains se fait de manière progressive et sous les restrictions établies afin de préserver les indices pouvant s’avérer pertinents pour l’enquête judiciaire.

L’exigence de la juge d’incorporer davantage d’ouvriers met l’accent sur la nécessité de maintenir les travaux au cours des prochaines heures sans nouvelles interruptions. La priorité reste de terminer la recherche, de faciliter la remise des restes aux familles et de garantir que l’avancement des tâches de retrait des wagons soit compatible avec la conservation des preuves permettant d’éclaircir ce qui s’est passé à Urda.