L'Espagne a enregistré 156.887 naissances durant le premier semestre de 2026, soit 1,07 % de plus que durant la même période de l'année précédente. Cependant, comme le rapporte l'information d'ouverture de DEMÓCRATA sur la nouvelle carte de la natalité, le chiffre reste 43.368 naissances inférieur à celui comptabilisé il y a une décennie.
Ce contraste explique pourquoi la légère reprise de la natalité ne dissipe pas le principal défi économique : comment soutenir les pensions, couvrir les emplois et financer les services publics lorsque les générations qui entrent dans la vie adulte sont moins nombreuses que celles qui atteignent la retraite.
Il n'existe pas de chiffre officiel unique permettant de calculer combien d'argent l'Espagne perd pour chaque naissance qui ne se produit pas. Cependant, les projections démographiques et budgétaires permettent d'identifier où se concentreront les principales tensions.
L'Espagne aura plus d'habitants, mais aussi une population plus âgée
La faible natalité ne signifie pas que l'Espagne est en train de perdre sa population. Selon l'Institut National de Statistique (INE), le pays a atteint 49.801.559 habitants le 1er juillet 2026, le maximum de la série historique.
Ses projections démographiques pour la période 2026-2076 envisagent que l'Espagne dépasse les 53,8 millions d'habitants en 2041. Cette croissance, cependant, coexistera avec un intense vieillissement de la population.
Le pourcentage de personnes de 65 ans ou plus passerait de 21,1 % actuel à 30,9 % en 2076. De plus, le taux de dépendance démographique, qui compare les moins de 16 ans et les plus de 64 ans avec la population située entre ces deux âges, atteindrait 73,2 %.
L'INE estime également qu'il y aurait plus de décès que de naissances durant toute la période projetée. Par conséquent, la croissance de la population dépendrait de la migration internationale, une question liée à l'écart entre naissances et décès dans les différents territoires.
Pensions : une facture croissante pour une population plus âgée
Le premier impact apparaît dans les pensions. En juillet 2026, la Sécurité Sociale a consacré 14.431,9 millions d'euros à payer 10,5 millions de pensions contributives, selon les données publiées par le Ministère de l'Inclusion.
La retraite des générations les plus nombreuses et l'augmentation de l'espérance de vie devraient probablement accroître cette pression. Lors d'une présentation de juin 2026, l'Autorité Indépendante de Responsabilité Fiscale a situé les dépenses en pensions à 16,4 % du PIB en 2050.
L'AIReF avertit, en outre, que respecter formellement la règle de dépense des pensions ne garantit pas à lui seul la durabilité de l'ensemble des comptes publics.
Cela ne signifie pas que le système va automatiquement faire faillite. Son évolution dépendra également de combien de personnes travaillent, de leurs salaires, des cotisations, de la productivité et des décisions fiscales qui seront prises au cours des prochaines décennies.
Emploi : 1,8 million de personnes en moins en âge de travailler
La transformation démographique affectera également l'emploi. Selon l'analyse publiée ce mercredi par la Fondation Adecco à partir des projections de l'INE, l'Espagne pourrait perdre 1,8 million de personnes âgées de 16 à 64 ans entre 2030 et 2050.
Parallèlement, la population de plus de 64 ans augmenterait de 4,8 millions de personnes, atteignant environ 16,3 millions.
Comme l'explique l'information de DEMÓCRATA sur l'avenir de la population active, la population potentiellement active atteindrait un pic en 2033 et commencerait à diminuer ensuite.
Il convient de préciser que les personnes en âge de travailler ne correspondent pas à des personnes occupées ni à des cotisants. L'effet réel dépendra de la participation au marché du travail, de l'intégration de travailleurs étrangers, de la réduction du chômage et de la capacité à maintenir actifs des professionnels seniors.
La productivité influencera également : une économie avec moins de travailleurs peut soutenir des revenus plus élevés si chaque emploi génère plus de valeur ajoutée.
Santé, dépendance et services publics : les dépenses changent de direction
Le vieillissement n'affecte pas seulement les pensions. Une population plus âgée nécessite généralement plus d'attention sanitaire, de suivi des maladies chroniques et de services de dépendance.
Dans ses analyses sur la durabilité budgétaire, l'AIReF estime que les dépenses de santé pourraient augmenter de 1,4 points de PIB entre 2023 et 2050. À cela s'ajouterait la nécessité d'élargir les soins de longue durée, l'aide à domicile et les ressources résidentielles.
En revanche, la réduction des naissances peut diminuer la pression sur certaines étapes éducatives. Cependant, cela n'implique pas une économie automatique : maintenir des écoles rurales, le transport scolaire et des services essentiels dans des territoires à population dispersée a également des coûts élevés.
La question est donc de savoir comment adapter les dépenses publiques à une société avec moins de jeunes et plus de personnes âgées, sans détériorer la couverture territoriale.
Immigration, productivité et conciliation : les principaux leviers
La fécondité espagnole s'est située à 1,10 enfants par femme en 2024, très en dessous de l'environnement de 2,1 associé au renouvellement générationnel en l'absence de migrations. L'INE projette qu'elle atteindra 1,16 en 2040, encore loin de ce seuil, comme le développe l'analyse de DEMÓCRATA sur combien d'enfants exige le renouvellement générationnel.
L'immigration peut élargir la population active, mais son effet dépendra de l'intégration professionnelle et de la qualité de l'emploi. En même temps, améliorer la productivité, faciliter la conciliation, élargir l'accès au logement et renforcer les politiques familiales peut atténuer une partie du déséquilibre.
Dans tous les cas, les projections ne sont pas des prédictions fermées. L'INE lui-même avertit qu'elles décrivent ce qui se passerait si certaines tendances démographiques se maintenaient. Le coût final dépendra de l'évolution de la natalité, des migrations, de l'emploi et des politiques publiques.