L’UNICEF alerte que les attaques contre l’eau ont triplé dans les zones en guerre

L’UNICEF dénonce que les attaques contre l’approvisionnement en eau dans les zones de conflit ont triplé, aggravant les maladies et la malnutrition infantile dans le monde entier.

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Le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) a prévenu que les agressions contre les infrastructures et les réseaux d’approvisionnement en eau dans des contextes de guerre se sont multipliées par trois au cours des quatre dernières années, ce qui fait exploser les maladies et la malnutrition, en particulier parmi la population enfantine.

"Les attaques contre les systèmes d’eau et d’assainissement privent les enfants d’eau potable et de services essentiels dont ils ont besoin pour fonctionner", a averti la directrice exécutive de l’UNICEF, Catherine Russell, qui a souligné le travail du personnel humanitaire pour maintenir ces services de base.

Dans la quatrième édition du rapport "L’eau sous le feu", l’agence de l’ONU recense une "tendance croissante" d’attaques contre ce type d’infrastructures dans près d’une vingtaine de pays. Sont notamment incluses les agressions visant des stations de traitement, des réseaux de canalisations et des puits, ainsi que la contamination de sources et les interdictions d’expédition de pièces de rechange et de produits chimiques indispensables à la potabilisation.

"Les conséquences vont bien au-delà du manque d’eau potable. Sans eau propre, les centres sanitaires ne peuvent pas stériliser le matériel, prendre en charge des accouchements de manière sûre ni préparer le lait thérapeutique utilisé pour traiter les garçons et les filles souffrant de malnutrition grave", a indiqué l’organisation.

Les épisodes de diarrhée liés à la consommation d’eau contaminée empêchent la population, en particulier les groupes vulnérables comme les enfants, d’assimiler les nutriments nécessaires et affaiblissent son système immunitaire face aux infections, qui se multiplient lorsque l’eau n’est pas sûre.

Le document fait également état de cas d’enfants morts, blessés ou présentant d’autres séquelles pendant qu’ils attendaient en faisant la queue pour aller chercher de l’eau, avec de nombreux incidents enregistrés à Gaza. En parallèle, dans de nombreux endroits, des femmes et des filles s’exposent à des violences sexuelles lorsqu’elles sont contraintes de s’éloigner de leurs foyers pour obtenir de l’eau.

L’eau comme cible sur les fronts de guerre

L’UNICEF dénonce en outre la chute du nombre de stations de traitement de l’eau en activité dans l’État soudanais de Khartoum. Au Burkina Faso, plus de 145 points d’approvisionnement en eau avaient été détruits entre 2020 et 2025, laissant sans accès à cette ressource quelque 830 000 personnes, dont plus de la moitié des enfants.

Dans la bande de Gaza, depuis octobre 2023, plus de 130.000 mètres de conduites d’égouts ont été endommagés, ce qui provoque des rejets d’eaux usées non traitées dans la mer Méditerranée ou dans des bassins provisoires.

En Ukraine, en décembre 2022, les bombardements contre des installations énergétiques ont laissé près de sept millions d’enfants sans électricité, chauffage ni eau. En Irak, une attaque par drones contre un gisement de gaz en novembre 2025 a réduit d’environ 80% la production d’électricité au Kurdistan, forçant le rationnement de l’eau dans les hôpitaux et les zones urbaines.

Les attaques touchent aussi directement le personnel qui fait fonctionner ces infrastructures. Au Liban, par exemple, quatorze travailleurs des entités chargées de l’approvisionnement ont perdu la vie en 2024 lors des attaques d’Israël.

Parmi les alternatives, l’UNICEF met en avant l’utilisation de l’énergie solaire pour alimenter les systèmes d’eau et réduire la dépendance au carburant et aux réseaux électriques nationaux souvent fragiles. En Afghanistan, les programmes de l’organisation qui emploient des panneaux solaires représentent 65% des systèmes qui fonctionnent dans tout le pays.

Cette réponse est toutefois menacée par de fortes coupes budgétaires. L’UNICEF souligne que seuls 26% des ressources nécessaires ont été atteints pour couvrir les besoins humanitaires en eau d’environ 138 millions de personnes en 2026.

Face à ce panorama, l’UNICEF appelle toutes les parties en conflit, les États, les donateurs et les organisations humanitaires à envisager la protection de l’approvisionnement en eau dans les zones de guerre comme un élément essentiel pour la population civile, en particulier pour les mineurs.

L’agence réclame en outre la mise en place de mécanismes pour collecter des données sur les attaques qui frappent les systèmes d’eau, que les enfants, leurs communautés et le personnel travaillant dans ce domaine et dans le secteur énergétique soient protégés, que l’accès à ces ressources soit garanti en toute sécurité et que les investissements dans ce domaine soient renforcés.